Mobilisation lycéenne décembre 2008

Lyon : Manifestation lycéenne entre revendications et émeute

Lyoncapitale.fr

18/12/2008

Plusieurs milliers de lycéens (10 000 selon les organisateurs , 5 500 selon la police) ont manifesté ce jeudi matin dans les rues de Lyon. Les manifestants demandent toujours le retrait total de la réforme Darcos.

Le rassemblement place des Terreaux à 11 heures montrait déjà quelques signes d’agitation : mouvements de foule, incendies de poubelles. Le cortège a continué jusqu’à la place Bellecour ou il y a eu quelques échauffourées, des interpellations et des tirs de flash ball.

Le défilé s’est poursuivi jusqu’à Jean Macé (Lyon 7) où des incidents ont éclaté entre les forces de l’ordre et les derniers manifestants. Trois voitures ont été retournées et 1 brûlée avenue Berthelot.

Selon la préfecture, 38 personnes ont été interpellées pour des délits divers ( jets de pierres, incendies de poubelles, destructions de véhicules) et 5 policiers ont été blessés.

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Dans un communiqué de la fin d’après-midi, Gérard Collomb a lancé un « appel au calme » : « S’il est légitime d’exprimer sa cause, cela ne doit pas donner lieu à des violences ou à des actes de vandalisme. Car de telles actions dénaturent à la fois la cause défendue et l’expression démocratique ». Il appelle aussi à une « plus grande vigilance de la part des organisateurs de manifestations qui peuvent être instrumentalisées par des personnes qui souhaitent d’abord le désordre ».

Gouvernement et enseignants craignent une reprise violente du mouvement lycéen en janvier


19 décembre 2008

Faudra-t-il encore lâcher du lest pour que la tension se relâche dans l’éducation nationale ? La question taraude Xavier Darcos depuis qu’il a annoncé, lundi 15 décembre, sa décision de reporter la réforme du lycée, initialement prévue pour la rentrée 2009. Le ministre redoute une reprise du mouvement après Noël : « Il faudra que nous veillions au mois de janvier à ce que ces blocages (des lycées) ne se reproduisent pas et que les lycéens qui veulent travailler puissent travailler », a-t-il déclaré, vendredi 19 décembre sur LCI.

Réforme abandonnée. La classe de seconde devait comporter, à la rentrée 2009, un tronc commun, des enseignements optionnels à raison de six heures par semaine et un accompagnement individuel de trois heures par semaine.

Tout est repris « à zéro ». Mais il s’agit toujours de doter les lycéens d’une « culture commune », de développer l’accompagnement personnalisé et d’accroître les possibilités de choix.

Au lieu de l’apaisement espéré, le recul opéré semble avoir déclenché une onde de choc qui ne laisse plus de répit au ministre de l’éducation nationale. Déjà, le terme de « report » est obsolète. Mardi 16, à l’Assemblée nationale, M. Darcos a dit qu’il fallait repartir « de zéro » sur cette réforme. Jeudi 18, au Sénat, il a affirmé qu’il comptait « rouvrir la totalité du dossier ». Dans la soirée, il a promis des « Etats-Généraux » des lycées.

Le même jour, entre 127 000 jeunes (selon la police) et 160 000 (selon les syndicats lycéens) ont manifesté dans toute la France contre les projets du ministre de l’éducation. Le cortège parisien – 7 500 à 13 000 participants – s’est dispersé sans incidents majeurs après avoir été encadré par un dispositif policier très serré. A Lyon, en revanche, la manifestation a connu des débordements violents : plusieurs jeunes ont été blessés et une voiture brûlée ; la police a procédé à une quarantaine d’interpellations. A Orléans, une proviseure adjoint a été blessée à la tête par une bouteille de parfum.

« COCOTTE MINUTE »

Les protestataires ont pris date pour janvier 2009, après les vacances de Noël qui débutent samedi. Jeudi soir, un « collectif » réunissant les principales fédérations de l’éducation, les organisations lycéennes et les parents d’élèves de la FCPE, a appelé à une nouvelle manifestation le samedi 17 janvier, principalement contre les suppressions de postes.

La situation générale dans l’éducation est désormais perçue comme clairement menaçante par le gouvernement comme par les participants au mouvement. « Non seulement le mouvement ne s’est pas calmé, mais au contraire, il s’enracine, s’envenime et prend de l’ampleur », observe – sous le sceau de l’anonymat – un haut cadre de l’éducation nationale. Sur le terrain, ajoute-t-il, l’indifférence envers la parole officielle est en train de se muer en franche hostilité. Les syndicats sont conscients, pour leur part, du fait que le recul du gouvernement doit plus à la peur des violences urbaines qu’à la mobilisation de leurs propres troupes.

Le gouvernement cherche à évaluer la nouvelle donne. Selon les syndicats de l’éducation, M. Darcos n’avait pas repris contact, jeudi, avec ses interlocuteurs du secondaire. En revanche, dans le primaire, un début de dialogue s’est mis en place sur deux sujets : l’école maternelle et les réseaux d’aide aux élèves en difficulté (RASED). Concernant la maternelle, le ministre tente de recoller les pots cassés par sa déclaration du 3 juillet sur l’utilité d’employer des bac + 5 à « changer les couches » ; un propos qu’il avait tenu pour marquer son opposition à la scolarisation à deux ans, mais qui a été immédiatement perçu comme sa propre définition du travail des professeurs de maternelle. M. Darcos a signé avec l’association générale des enseignants d’école maternelle (Ageem), jeudi, un accord de partenariat destiné à renforcer la formation des maîtres.

Le budget 2009 prévoit la suppression de 3 000 postes de RASED, les titulaires restant en fonction devant s’occuper désormais des classes entières au lieu de s’occuper de petits groupes. L’opportunité d’économiser des postes a poussé le ministre à cette décision controversée, qui cristallise bon nombre de situations conflictuelles.

De façon générale, dans une profession aux prises, à travers ses élèves, à toutes les conséquences de la crise sociale, ces suppressions, chaque année répétées, restent perçues comme une agression. « On a tous les éléments d’une crise sociale qui rejoindrait la crise de l’éducation », a déclaré jeudi Gérard Aschieri, secrétaire général de la principale organisation du secteur, la FSU, qui compare le monde enseignant à une « cocotte minute ». « La situation devient critique », ajoute Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA, certain que les lycéens « vont repartir » dès janvier et que les professeurs ne se mettront pas en travers de leur mobilisation.

Coïncidence fâcheuse : les conséquences en termes de dotation, académie par académie, des 13 500 suppressions de postes prévues en 2009, ont commencé à être connues des syndicats jeudi. « Au total, à démographie constante sur l’ensemble 1er et 2nd degré, la rentrée 2009 se fera avec 10 000 emplois (d’enseignants) en moins ! Les laborieux discours éducatifs du ministère apparaissent désormais pour ce qu’ils sont : une opération de camouflage », commente le SE-UNSA. La FSU comme l’UNSA se disent qu’un « basculement de l’opinion » est à portée de main pour stopper ces suppressions de postes.

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Hier, encore des incidents et des interpellations


vendredi 19.12.2008, 04:51 –

En marge des manifestations, de nouveaux incidents ont eu lieu autour des lycées.

> À Seclin, feux de poubelles et de voitures dans la nuit.- Seclin a connu une nuit de mercredi à jeudi assez agitée. Les pompiers ont été appelés autour de 2 h du matin. Plusieurs véhicules ont été incendiés près du lycée Hauts-de-Flandres. Deux voitures et un engin de chantier ont brûlé, ainsi qu’un vide-ordures, et des poubelles du lycée et d’une école voisine. Le proviseur du lycée ne veut par y voir de lien avec l’interpellation de neuf lycéens, à la suite des incidents devant l’établissement, lundi. « Des actes de ce genre se produisent régulièrement dans le quartier. Et je ne suis pas sûr que les incendiaires savaient qu’il s’agissait des poubelles de notre établissement. » > À Tourcoing, un lycéen interpellé.- Barrage filtrant, hier matin, aux portes du lycée Colbert. Un élève de Colbert, âgé de 16 ans, a eu la mauvaise idée de lancer un oeuf sur un policier. Il a été interpellé et placé en garde à vue. Tentative de barrage, également, au lycée Gambetta, où élèves et enseignants ont pu circuler normalement.

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> À Roubaix, des détritus incendiés.- Dans la matinée, des élèves du lycée Van-Der-Meersch ont incendié des détritus face à l’établissement.

> À Villeneuve-d’Ascq, incidents devant le lycée Dinah-Derycke.- Des projectiles ont été lancés vers des professeurs et un adolescent de 17 ans, interpellé pour avoir incendié une poubelle.

> À Lille, nouveaux incidents devant le lycée Baggio.- Comme lundi et mardi, des incidents sont survenus, hier, devant le lycée Baggio. « En majorité, on est là pour manifester dans le calme. Et il y en a quelques-uns qui viennent pour foutre le bordel », soupire un élève. Un petit groupe de casseurs a incendié des containers et dégradé un abribus. Les pompiers ont éteint le feu, sous la protection des policiers. Des projectiles ont été lancés.

> À Lomme, interpellations devant le lycée Delaunay.- Les pompiers de Lomme, qui intervenaient une nouvelle fois devant le lycée Delaunay, hier matin, ont reçu des cailloux. Un garçon de 16 ans a été interpellé puis relâché. Trois jeunes filles ont également, ensuite, été arrêtées, soupçonnées d’avoir incendié des cartons. • Par nos rédactions locales

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Lycées : manifestation et légers incidents

Le mouvement est un peu plus dur à Douai et Denain où les grilles de certains lycées ont été cadenassées et où des incidents ont éclaté (intimidations, jets de projectiles) entre des lycéens et du personnel qui tentaient de rouvrir l’accès.

Les deux principaux syndicats lycéens ont appelé à une journée d’action aujourd’hui. Des manifestations ont d’ores et déjà rassemblé ce matin près de 1 200 jeunes à Douai, 600 à Denain, 600 à Béthune, 400 à Boulogne, 300 à Valenciennes et 200 à Dunkerque. Une manifestation doit partir de la Place de Paris, à Lille, à 14 h 30 cet après-midi.

Incidents en marge de manifestations lycéennes à Lyon

Reuters

18/12/2008

LYON – Des heurts ont opposé jeudi des lycéens et les forces de l’ordre à Lyon, où une voiture et des poubelles ont été brûlées et une quarantaine de personnes interpellées, apprend-on de source policière.

Environ 5.000 étudiants, 10.000 selon les organisateurs, ont manifesté dans la matinée dans le centre-ville en direction du rectorat, mais le défilé a été émaillé de nombreux incidents.

La responsable du comité Fidl de Lyon a été hospitalisée à la suite « d’altercations violentes avec les forces de l’ordre« , a annoncé la Fédération indépendante et démocratique lycéenne.

Elle a dénoncé dans un communiqué l’attitude irresponsable » des forces de l’ordre et a demandé « solennellement au ministère de l’Intérieur » d’appeler au calme.

Tôt dans la matinée, à 08h30, de jeunes manifestants avaient mis le feu à des poubelles devant le lycée de La Salle de la Croix-Rousse, provoquant un départ d’incendie.

Les fumées se sont propagées dans tout l’établissement, qui a été fermé. Une centaine d’élèves ont dû être évacués.

Plus tard, en marge de la manifestation lycéenne, des pierres ont été lancées sur les policiers place Bellecour, une voiture a été brûlée, une autre retournée, et des feux de poubelles ont été allumés par endroits, a-t-on constaté sur place.

Des policiers ont alors fait usage de gaz lacrymogène et une quarantaine de jeunes ont été interpellés, a-t-on précisé de source policière.

Catherine Lagrange, avec Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

Trois fois plus de lycées bloqués que lundi

La grogne des lycéens ne semble pas faiblir malgré le recul de Xavier Darcos. Les lycées bloqués étaient plus nombreux que lundi et plusieurs incidents ont éclaté, entraînant l’arrestation de 5 jeunes dans la région.

36 établissements bloqués. Au total le rectorat a dénombré jusqu’à 36 lycées faisant l’objet de barrages filtrants, c’est-à-dire qui laissent passer les étudiants, dans la région. La plupart étaient concentrés sur l’agglomération lilloise où « les événements violents ont été moins nombreux qu’ailleurs », a indiqué le rectorat qui relève des incidents à Douai (notamment une bagarre entre lycéens qui a entraîné le transport d’un jeune vers l’hôpital de Douai), Denain (un camion pris pour cible), Hénin-Beaumont ou encore Calais. La police a procédé à 5 arrestations à Lille, Wasquehal, Denain et Douai pour des dégradations ou des jets de projectiles.

Des manifestations soutenues. Alors que le président Nicolas Sarkozy annonçait à Strasbourg que la réforme se ferait « après concertation », des manifestations de lycéens se sont déroulées dans toute la région. Ils étaient au moins 700 à défiler dans les rues de Lille « pour montrer au gouvernement que les lycéens restent vigilants », selon Alexis Debuisson, membre de la récente coordination unitaire de la jeunesse, qui a été reçu par le directeur de cabinet du recteur avec trois autres jeunes de lycées lillois. « Ça n’a rien donné de bien concret mais nous avons exprimé nos demandes et pris rendez-vous pour la fin janvier. Le but est que les concertations reprennent à partir des points de convergence qui faisaient l’objet d’un accord des professeurs et des lycéens au mois de juin », a expliqué Alexis Debuisson. D’autres manifestations ont également rassemblé plusieurs centaines de lycéens à Lens, Douai, Denain, Hénin-Beaumont et Calais.

De nouveaux incidents, hier matin devant le lycée Baggio. De nouveaux heurts ont éclaté hier matin devant le lycée Baggio (Lille), en marge du blocage de l’établissement. Des poubelles ont été incendiées et disposées sur la chaussée. Des projectiles ont été envoyés en direction des policiers et un véhicule de pompiers a été caillassé. Un garçon âgé de 16 ans, scolarisé à Baggio, et qui aurait jeté des pierres sur la police, a été interpellé et placé en garde à vue. Le jeune de 15 ans arrêté lors des incidents de lundi, lui, a été mis en examen hier par le juge des enfants et remis en liberté. Il était suspecté d’avoir brisé une cabine téléphonique. Par ailleurs, après les incidents observés lundi au lycée les Hauts de Flandre, deux lycéens ont été interpellés hier. Six individus avaient déjà été arrêtés la veille, soupçonnés d’avoir incendié des poubelles.

Vannes : incidents et interpellations en marge du mouvement lycéen

mardi 16 décembre 2008

Des incidents ont eu lieu ce midi au lycée Notre-Dame-le-Ménimur à Vannes. En marge des diverses actions qui ont eu lieu pour protester contre la réforme Darcos, environ cent cinquante lycéens de Jean-Guéhenno ont investi l’établissement et ont commencé à dégrader les locaux. Des poubelles ont notamment été renversées.

La direction de l’établissement a décidé d’appeler les forces de l’ordre pour garantir la sécurité des élèves. Les occupants ont été délogés à l’aide de grenades lacrymogènes. Aucun blessé n’est à déplorer. L’établissement a décidé de ne pas porter plainte. Trois interpellations ont tout de même eu lieu. Agés de 16 à 18 ans, les jeunes étaient alcoolisés au moment des faits. Les mineurs ont été remis à leurs parents après avoir été entendus.

Outre ces incidents, les lycéens de Notre-Dame-le-Ménimur ont manifesté dans l’après-midi. Partis de leur établissement, ils ont rejoint les lycéens de Lesage puis ils ont terminé par un sit-in devant les portes du lycée Saint-Paul.

Incidents devant plusieurs lycées de banlieue parisienne

16 décembre 2008

Ambiance tendue en banlieue parisienne ce mardi. En Seine-Saint-Denis, deux lycées bloqués par des élèves ont été fermés par mesure de sécurité, après des jets de projectiles et des dégradations auxquels la police a mis fin.

Dans le département voisin du Val-d’Oise, le proviseur du lycée Arthur-Rimbaud de Garges-lès-Gonesse a été légèrement blessé et plusieurs personnes souffrent de troubles auditifs à la suite de l’explosion «d’engins explosifs» – peut-être de gros pétards – jetés devant le lycée.

Au lendemain de l’annonce du report de la réforme du lycée par le ministre de l’Education Xavier Darcos, le rectorat de Créteil dénombrait une vingtaine de blocages d’établissements ce matin dans les trois départements (Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-de-Marne) de l’académie, jusqu’alors faiblement mobilisée. La plupart ont été levés en début d’après-midi.

Projectiles

Certains blocages se sont accompagnés de violences. Ainsi, entre 8h30 et 9 heures, des jeunes, «élèves et casseurs», selon le rectorat, ont jeté des projectiles (bouteilles, pierres) à l’entrée des lycées Claude-Nicolas Ledoux à Pavillons-sous-Bois et Denis-Papin à La Courneuve. Des poubelles ont également été brûlées. Les jeunes étaient une cinquantaine. Aucun blessé n’est à déplorer. A Pavillons-sous-Bois, un bus a été dégradé, selon la police.

«Ce matin à 8h30, à l’occasion de tentatives de blocus de lycées, des actes de violence ont eu lieu dans plusieurs établissements du Val d’Oise et notamment devant le lycée Arthur-Rimbaud de Garges-lès-Gonesse. Des projectiles et des engins explosifs ont été jetés devant les grilles du lycée», indique l’académie de Versailles dans un communiqué.

Le chef d’établissement, légèrement brûlé à la jambe, n’a pas été hospitalisé mais six personnes qui souffrent de troubles auditifs ont été admises à l’hôpital. Ils ont été touchés par l’explosion de «gros pétards» ou de «petits mortiers». «Une plainte a été déposée», ajoute l’académie de Versailles.

(Source AFP)

Incidents devant des lycées à Lille et Wattrelos, hier

mercredi 17.12.2008, 04:51 –

DÉRAPAGES|

Une voiture a été brûlée à Wattrelos. À Lille, des poubelles ont été incendiées et les pompiers caillassés.

Après ceux de lundi, nouveaux incidents devant le lycée Baggio de Lille, boulevard d’Alsace, hier matin. La mobilisation lycéenne avait démarré dans le calme avec un blocage plus ou moins filtrant. Mais un petit groupe de casseurs a ensuite mis le feu à divers objets et détritus sur la chaussée. Et ils ont brisé le pare-brise arrière d’une voiture en stationnement qu’ils auraient tenté de brûler. Un arrêt de bus a aussi été dégradé. Les pompiers sont intervenus afin d’éteindre l’incendie. Caillassés, ils ont dû rebrousser chemin, avant finalement d’agir sous la protection des nombreuses forces de l’ordre présentes. Un lycéen qui aurait lancé des projectiles contre pompiers et policiers a été interpellé puis placé en garde à vue. Autre dérapage, à Wattrelos.

En marge du blocage filtrant du lycée Émile-Zola, une voiture a été incendiée (photo ci-dessous). Les manifestants nient être à l’origine de cet incendie. • B. DU. et R. L.

L’élève du lycée Baggio soupçonné d’avoir dégradé une cabine téléphonique face à l’établissement, lundi, a été déféré hier au tribunal.

Il a été libéré avec des mesures de surveillance et de réparation, et sera reconvoqué devant le juge des enfants.

Lycées : incidents violents en Ile-de-France

leparisien.fr

16.12.2008

Des violences se sont produites mardi en Ile-de-France lors d’opérations de blocages de lycées. Xavier Darcos a annoncé lundi le report de la réforme de la seconde, mais les manifestations continuent, en général dans le calme.

Dans le Val-d’Oise, à Sarcelles, des affrontements ont éclaté ce matin entre des jeunes et la police, devant le lycée de la Tourelle.

A 10h30, les rues aux alentours de l’établissement scolaire étaient complètement fermées à la circulation. La voiture de Youri Mazou, conseiller municipal et conseiller général PS, a été incendiée devant les grilles du lycée. L’élu venait d’arriver sur place pour tenter de calmer les esprits et parler aux jeunes. La tension montait depuis le début de la matinée. Les jeunes se sont même affrontés entre eux. Peu après, des engins incendiaires et des pavés ont été jetés en direction de plusieurs dizaines de policiers en tenue anti-émeutes. De leur côté, les forces de l’ordre ont répliqué avec des jets de bombes lacrymogènes. Le calme est revenu en fin de matinée. Plusieurs interpellations ont eu lieu.

Lors d’une tentative de blocus, ce matin, le proviseur du lycée Arthur-Rimbaud de Garges-lès-Gonesse a été légèrement brûlé à la jambe et six personnes souffrent de troubles auditifs. En cause : des projectiles et des engins explosifs jetés devant les grilles du lycée. «Une plainte a été déposée», indique l’académie de Versailles.  «Alain Boissinot, recteur de l’Académie de Versailles condamne avec la plus grande fermeté, les blocages, les intrusions et les violences, d’autant plus inadmissibles que le ministre Xavier Darcos a annoncé hier le report de la réforme des lycées pour laisser place au dialogue et à la concertation», écrit l’académie de Versailles.

En Seine-Saint-Denis, ce matin entre 8 h 30 et 9 heures, des «élèves et casseurs», selon le rectorat, ont jeté bouteilles ou pierres à l’entrée des lycées Claude-Nicolas Ledoux à Pavillons-sous-Bois et Denis-Papin à La Courneuve. Des poubelles ont également été brûlées. A Pavillons-sous-Bois, un bus a été dégradé. Les deux établissements scolaires ont été  fermés à l’initiative des proviseurs par mesure de sécurité.

Le recteur de l’académie de Créteil, Jean-Michel Blanquer, devait se rendre dans l’après-midi dans ces deux lycées,afin d’«assurer de son soutien» les personnels. Dans un communiqué, il a exprimé sa «consternation» devant «le choix de la violence par une minorité de jeunes» et «condamne ces comportements qui nuisent à la qualité du dialogue et à l’image de l’Ecole alors que d’autres solutions sont possibles pour exprimer son opinion». «Le report de la réforme de la seconde doit permettre précisément d’aborder avec sérénité les attentes des lycées», ajoute-t-il. «Bloquer un lycée est contraire à la loi, écrit encore le recteur en rappelant le droit fondamental d’accès aux bâtiments publics par tous leurs utilisateurs.»

Au lendemain de l’annonce du report de la réforme du lycée par le ministre de l’Education Xavier Darcos, le rectorat de Créteil dénombrait une vingtaine de blocages d’établissements mardi matin dans les trois départements (Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne et Val-de-Marne) de l’académie, jusqu’alors faiblement mobilisée. La plupart ont été levés en début d’après-midi.

Leparisien.fr avec AFP

Manifestations: 1.500 lycéens à Rennes, des incidents à Lille

20 minutes

11 décembre 2008

Ils étaient encore nombreux à protester contre le projet de réforme de Xavier Darcos, lundi, dans l’Ouest. A Rennes, ils étaient pas moins de 1.500 à manifester, alors que les lycées de la région restaient perturbés et que les lycéens se concertaient après l’annonce ce lundi matin d’un report de la réforme de la classe de seconde.

«Cela ne veut pas dire que la mobilisation va ralentir»

Devi Langouët, responsable départemental de l’Union nationale lycéenne (UNL) d’Ille-et-Vilaine, a indiqué «vouloir des négociations», malgré l’annonce du ministre de l’Education, car «repousser la réforme, cela ne veut pas dire que la mobilisation va ralentir». Au total, entre 20 et 25% des 100 lycées de l’académie de Rennes étaient touchés, lundi matin, par le mouvement, selon le rectorat.

A Brest, où des incidents avaient eu lieu entre des casseurs et des forces de l’ordre la semaine dernière, la matinée de lundi a été «plus calme» que la semaine précédente, a fait savoir le rectorat. Une centaine de lycéens se sont rassemblés en début de matinée avant de se disperser, selon une source policière. Des cortèges ont eu lieu aussi lundi à Vannes et à Auray dans le Morbihan, où 600 manifestants ont été dénombrés par la police.

Une concertation sur un an

A Nantes, une vingtaine de lycées étaient toujours perturbés, selon une source policière. Des mouvements sporadiques comme des distributions de tracts ou des blocages de voies de tramway ont été signalés. En Basse-Normandie, 34 établissements sur 70 «sont concernés par le mouvement», selon le rectorat. Le délégué régional de l’UNL, Lori Helloco, basé dans l’Orne, a indiqué qu’il n’était pas satisfait par les déclarations du ministre.

«Nous voulons une concertation sur un an, le temps d’élaborer une plateforme de propositions de réforme lycéenne, élaborée à partir des propositions de la base avant d’être présentées au ministère, via les conseils de vie lycéenne», a-t-il déclaré.

A Lille, les jeunes mettent le feu

Des incidents ont éclaté à Lille où quelque 200 jeunes s’étaient rassemblés devant le lycée Baggio. «Ils ont brûlé des containers, endommagé un abribus, brûlé une voiture et caillassé les services de pompiers», a déclaré un porte-parole de la brigade d’intervention sur la voie publique (BIVP), précisant que la majorité des jeunes étaient «extérieurs au lycée». Quelques jeunes ont été interpellés par la police avant la dispersion du groupe en fin de matinée. Une manifestation de lycéens était prévue dans l’après-midi.

Marcel Mochet AFP ¦ Des lycéens manifestent, le 11 décembre 2008 dans les rues de Rennes

20Minutes.fr, éditions du 15/12/2008 – 14h26

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~ par Alain Bertho sur 18 décembre 2008.