Frontière : chronique méditerranéenne
Plus de 600 immigrés clandestins arrivent sur l’île italienne de Lampedusa
ROME (AFP) — Plus de 600 immigrés clandestins sont arrivés mardi en l’espace de quelques heures et à bord de deux embarcations diverses sur la petite île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile (sud de l’Italie), ont annoncé les autorités locales.
Une barque de 15 mètres de long surchargée, transportant 290 immigrants illégaux, a été interceptée dans la nuit de lundi à mardi et conduite au port de la petite île italienne de Lampedusa (Sicile).
Parmi les immigrants de plusieurs nationalités se trouvent 29 femmes et un nouveau-né. Tous les immigrants sont en bonne santé et ont été transférés au centre de premier accueil de l’île, a précisé la capitainerie.
Une seconde embarcation avec 318 candidats à l’immigration, dont de nombreuses femmes et enfants, a été interceptée en milieu de matinée non loin des côtes de Lampedusa.
Cinq immigrés, dont deux femmes et deux enfants, ont été transférés à bord d’une vedette de la capitainerie de port qui les a accompagnés immédiatement dans un hôpital en raison de leur état de santé jugé “précaire”, selon la même source.
Les autres regagnaient le centre de rétention de Lampedusa à bord d’un navire militaire.
Un pneumatique avec près de 50 clandestins à bord a par ailleurs été secouru à environ 60 km de Lampedusa et les immigrés sont en route pour l’île où les autorités locales ont annoncé la mise en place d’un pont aérien pour désengorger ce centre qui accueille pratiquement deux fois plus d’immigrés que sa capacité nominale.
6 harraga devant la justice en octobre
06 Juillet 2008 -
Seize émigrants clandestins, interceptés vendredi au large du littoral nord de Annaba, alors qu’ils tentaient de rejoindre la rive Nord de la Méditerranée à bord d’une embarcation artisanale, vont comparaître devant la justice le 6 octobre prochain, selon le chef de la station maritime principale des gardes-côtes. Les ´´harraga´´ «ont été présentés hier matin devant le procureur de la République près la cour de justice qui les a relâchés en attendant la date de leur jugement», a précisé M.Zaidi Abdelaziz. Agés entre 18 et 28 ans, ces mis en cause originaires des wilayas de Annaba, El Tarf, Jijel, Skikda et Constantine, avaient été arrêtés et secourus par les gardes-côtes grâce à des informations fournies par un navire étranger. Ce qui porte à 60 émigrants clandestins interceptés depuis le début de l’année sur les côtes annabies.
Il ne se passe pas une semaine à Annaba, sans que les gardes-côtes n’interceptent des candidats à l’émigration clandestine. La côte Est est très prisée par les harraga. Durant le mois de juin passé, pas moins de 76 immigrants clandestins ont été arrêtés au large des côtes de Annaba et d’El Tarf.
La dernière en date, vendredi, a eu lieu à 65 miles au nord du Cap de Garde. Ces harraga avaient dérivé et ne savaient plus où ils étaient. Sans eau et nourriture ni moyens de navigation, ces harraga dérivaient vers la mort. La harga est à la mode. Annaba est choisie comme port d’embarquement vers la rive Nord de la Méditerranée. Annaba n’a pas, à vrai dire, de rivale à travers le pays en la matière. On vient de partout pour tenter le voyage au bout de l’enfer.
Des réseaux de passeurs existent. Des ateliers clandestins de fabrication de barques y sont installés et des hommes «d’expérience» conseillent les candidats sur les lieux et les heures d’embarquement. Les courants favorables, l’itinéraire à suivre et surtout les points surveillés par les gardes-côtes afin de les éviter pour rejoindre l’Europe du Sud. Ces éléments, ajoutés à la proximité de la Sardaigne et le beau temps qui caractérise toute la région, font de Annaba la ville la mieux indiquée pour l’immigration clandestine.
Les cadavres de 11 clandestins marocains morts noyés au large de l’Espagne bientôt rapatriés au Maroc
2 juillet 2008
Les cadavres de onze immigrants clandestins marocains repêchés depuis le début de l’année après le naufrage de plusieurs embarcations au large des côtes sud de l’Espagne, seront bientôt rapatriés au Maroc, a appris mercredi la MAP auprès du Consulat général du Maroc à Algésiras.
L’équipe médicale de la morgue de Los Barios (Cadix), où sont gardés les cadavres des immigrants marocains, ont commencé à recevoir les premiers résultats des tests ADN qui permettront l’identification des corps, a ajouté la même source.
Une équipe de la police scientifique et de la garde civile espagnoles s’était rendue, en mars dernier, au Maroc pour effectuer des prélèvements sur des membres de familles de candidats à l’émigration clandestine disparus, afin de les comparer à l’ADN des immigrants noyés dans la baie de Cadix.
Au total, douze immigrants marocains ont péri noyés au large des côtes sud de l’Espagne. L’un des cadavres des immigrants noyés ne peut pas être identifié par test ADN, puisque aucun membre de sa famille ne s’est présenté devant la commission d’identification.
Sept des douze cadavres ont été repêchés après le naufrage d’une embarcation de fortune au large de Barbate début janvier dernier, alors que deux autres ont été retrouvés après le chavirement d’une autre patera le 22 janvier au large de Conil de la Frontera.
Le corps sans vie d’un clandestin marocain a été repêché le 29 février au large de Las Aceiteras, alors que deux autres ont été localisés début mai au large de Chiclana de la Frontera et de Tarifa
51 immigrants clandestins secourus au large des côtes tunisiennes
30/06/08 18h28
Une cinquantaine d’Africains candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe ont été secourus par les garde-côtes tunisiens, alors que leur embarcation rencontrait des difficultés.
Les immigrants, qui ont entamé leur traversée au départ de la Libye, tentaient de rejoindre l’île italienne Lampedusa, a indiqué lundi le journal arabophone ‘El-Ousboui’.
Les conditions météorologiques défavorables le long des côtes tunisiennes ont compromis la traversée des Africains. Les immigrants clandestins seront remis aux autorités libyennes qui les reconduiront vers leur pays d’origine.
Nouveaux assauts des clandestins subsahariens
24 juin 2008
Les assauts de Subsahariens contre le poste frontière de Mellilia, qui ont eu lieu samedi, se sont poursuivis dimanche.
Un nouvel assaut de clandestins africains contre le poste frontière de Bab Mellilia a été enregistré dimanche dans la soirée. Profitant du match Espagne-Italie joué dans le cadre de l’Euro-2008, un groupe de 40 clandestins africains ont tenté de passer à Mellilia, vers 22h, sans résultat puisqu’ils ont été repoussés par les autorités. Une vingtaine de Subsahariens ont été arrêtés par les forces de l’ordre avant d’arriver à la zone douanière, alors que d’autres ont réussi à prendre la fuite, précisent des sources des autorités locales citées par la MAP. Cette deuxième tentative fait suite à une précédente tentative similaire effectuée dans la nuit de samedi à dimanche par un groupe de 58 clandestins subsahariens qui, armés de pierres et de bâtons, ont forcé le poste frontalier de Bab Mellilia. L’intervention des forces de l’ordre a permis l’arrestation de 30 Subsahariens, alors que 28 autres, qui ont réussi à franchir le portail du poste frontalier, ont été appréhendés par la Garde civile espagnole.
Les agents de police marocains et espagnols qui contrôlaient le poste frontière de Beni Ansar ont réussi à contenir cette avalanche de clandestins, alors que les immigrants arrêtés ont été localisés dissimulés sous des véhicules, dans des conteneurs de déchets ménagers et sur des arbres. Les autorités espagnoles sont parvenues à repousser le reste des immigrants qui faisaient partie du groupe en fermant la clôture du poste frontière de Beni Ansar et plusieurs éléments de la Garde civile et de la police espagnole ont été blessés par les clandestins. Cet assaut a fait sept blessés légers parmi les Subsahariens qui ont été aussitôt acheminés vers l’hôpital Hassani de Nador, pour recevoir les soins nécessaires. Cette tentative constitue le premier assaut massif d’immigrants africains sur Melilla depuis 2006. Au mois de juillet de 2006, l’un d’entre eux est décédé lorsqu’il avait tenté d’entrer dans les présides marocains occupés en compagnie de plusieurs dizaines d’autres africains qui avaient essayé par trois fois de sauter par dessus le grillage. Une quarantaine d’entre eux ont été arrêtés lors de cette opération. En 2005, quatorze immigrants ont trouvé la mort dans des tentatives similaires, lors d’assauts sur les grillages-frontières de Melillia et de Sebta, le second préside marocain occupé. Ces derniers temps, l’Espagne, considérée comme une des portes d’entrée de l’Europe, se retrouve de nouveau sous la pression de l’immigration clandestine. Depuis plusieurs jours, l’Espagne, une des portes d’entrée de l’Europe, se retrouve de nouveau sous la pression de l’immigration clandestine. Quelque 500 clandestins, majoritairement subsahariens, ont rejoint l’archipel océanique des Canaries durant la semaine dernière, à la faveur du retour de conditions météorologiques clémentes et de navigation favorable. Quatre d’entre eux sont décédés à l’hôpital, affaiblis par la traversée. Les Canaries pourraient aussi de nouveau faire face à des arrivées massives d’embarcations de fortunes parties de Mauritanie en raison de la fin du moratoire sur la pêche dans ce pays.
En effet, les autorités mauritaniennes ont levé récemment un moratoire qui maintenait à quai les cayucos, des embarcations de pêche employées par les clandestins. Ce moratoire rendait la tâche difficile aux passeurs qui ne pouvaient plus se mêler aux véritables pêcheurs pour prendre la mer. Par ailleurs, une centaine d’Africains à bord de deux embarcations de fortune ont été interceptés en Méditerranée au large de la côte andalouse (sud) entre samedi après-midi et dimanche matin.
Assaut de clandestins africains sur un poste frontière de l’enclave espagnole de Melilla
MADRID (AFP) — Entre 60 et 70 immigrants clandestins africains ont pris d’assaut dimanche un poste frontière de l’enclave espagnole de Melilla (sur la côte marocaine) pour tenter d’entrer en Espagne, qui fait face depuis quelques jours à une nouvelle vague d’immigration clandestine.
“Entre 60 et 70 Subsahariens ont tenté d’entrer par la force à Melilla à l’aube vers 04H30 par le poste frontière de Beni-Ensar. La grande majorité a été repoussée par les forces de sécurité”, selon un communiqué de la préfecture de Melilla.
“Plusieurs agents ont été légèrement blessés”, a précisé la préfecture. Selon la radio publique espagnole, les immigrants étaient munis de pierres et de bâtons.
Les autorités sont en train de rechercher dans Melilla ceux qui ont réussi à passer et la “situation est tout à fait normale sur la frontière”, a ajouté la préfecture.
Pour sa part, un communiqué du ministère marocain de l’Intérieur a confirmé qu’un “groupe de 58 Subsahariens avait tenté dimanche matin de forcer le dispositif de sécurité en place au passage de Beni-Ansar (près de Nador) pour passer au préside de Melillia”
“Grâce à la vigilance des éléments en poste, cette tentative a été avortée”, selon le ministère qui ajoute que “sept cas d’évanouissement ont été enregistrés”.
Il s’agit du premier assaut massif d’immigrants africains sur Melilla depuis 2006. Au mois de juillet de cette année, un d’entre eux était mort en tentant d’entrer en territoire espagnol en compagnie de plusieurs dizaines d’autres Africains.
En 2005, quatorze immigrants étaient morts dans des tentatives similaires, dont certains tués par balles par les forces de sécurité marocaines ou espagnoles, lors d’assauts sur les grillages-frontières de Melilla et de Ceuta, la seconde enclave espagnole au Maroc.
Depuis plusieurs jours, l’Espagne, une des portes d’entrée de l’Europe, se retrouve de nouveau sous la pression de l’immigration clandestine.
Il y a une semaine, quelque 500 clandestins, majoritairement subsahariens, ont rejoint l’archipel océanique des Canaries, à la faveur du retour de conditions météorologiques et de navigation favorables. Quatre d’entre eux sont morts à l’hôpital, affaiblis par la traversée.
Le quotidien El Pais de dimanche affirme que les Canaries vont de nouveau faire face à des arrivées massives d’embarcations de fortunes parties de Mauritanie en raison de la fin du moratoire sur la pêche dans ce pays.
En effet, les autorités mauritaniennes ont levé récemment un moratoire qui maintenait à quai les cayucos, ces embarcations de pêche employées par les clandestins. Ce moratoire rendait la tâche difficile aux passeurs qui ne pouvaient plus se mêler aux véritables pêcheurs pour prendre la mer.
Le record d’arrivées de clandestins aux Canaries remonte à 2006, à 31.678.
Par ailleurs, une centaine d’Africains à bord de deux embarcations de fortune ont été interceptés en Méditerranée au large de la côte andalouse (sud) entre samedi après-midi et dimanche matin.
La population immigrée en Espagne a explosé depuis une dizaine d’années, et selon le décompte de l’Institut national de la statistique (Ine), l’Espagne accueille désormais 5,22 millions d’étrangers, soit 11,3% des 46,06 millions d’habitants du pays. Ils étaient environ 500.000 en 1996.
Des dizaines de clandestins tentent de forcer l’entrée de Melilla en Maroc
MADRID- Plusieurs dizaines d’immigrants clandestins ont forcé dimanche un point de passage frontalier entre le Maroc et Melilla, pour tenter d’entrer dans l’enclave espagnole, où des affrontements se sont produits avec les forces de l’ordre, selon les autorités espagnoles.
Quelques-un des 70 Africains qui ont forcé le passage pour entrer à Melilla, sur la côte nord du Maroc, se sont montrés violents à l’égard des policiers, a indiqué la représentation du ministère espagnol de l’Intérieur, ajoutant qu’un agent avait été blessé.
Le ministère n’a pas fourni de détails sur ces violences, mais des médias espagnols ont fait état de clandestins armés de bâtons et de projectiles en tous genres.
Au final, peu ont réussi à franchir la frontière et trois ont été arrêtés et transférés vers un centre de rétention pour clandestins.
Selon la radio Cadena Ser, certains s’étaient installés dans des arbres ou s’étaient cachés dans des poubelles pour éviter d’être repérés après être entrés dans l’enclave avant l’aube, mais la police espagnole les a interpellés.
Un communiqué de la direction de migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l’Intérieur cité par l’agence de presse marocaine MAP, a de son côté annoncé qu’un groupe de 58 Subsahariens avait tenté, dimanche matin, de forcer le dispositif de sécurité mis en place au passage de Beni-Ansar à Nador pour passer au préside de Melilla.
Grâce à la vigilance des éléments en poste, cette tentative a été avortée, d’après la même source, qui a ajouté que sept cas d’évanouissement avaient été enregistrés et que les ressortissants avaient été évacués à l’hôpital de Nador pour des soins légers.
Les autorités marocaines continueront à lutter sans relâche contre les réseaux de trafic d’êtres humains, souligne le communiqué.
Onze immigrants clandestins étaient morts en 2005 dans des affrontements avec les forces de sécurité en tentant d’entrer à Melilla et à Ceuta, autre esclave espagnole. Trois autres sont décédés l’année suivante alors qu’ils essayaient de gagner Melilla.
Algérie : 19 harraga interceptés au large d’Annaba
Par AFP le 21/06/2008 à 10:39
Dix-neuf candidats à l’émigration clandestine en Europe ont été interceptés samedi au large d’Annaba par les gardes-côtes algériens, a annoncé le commandement du groupement territorial des gardes-côtes. Les dix-neuf candidats à l’émigration clandestine étaient à bord d’une embarcation artisanale à 11 miles au nord du littoral d’Annaba. Ils tentaient de rejoindre la rive nord de la Méditerranée, selon les gardes-côtes.
Ces émigrants ont été interceptés vers 6h30 grâce à des informations fournies par un bateau de pêche algérien faisant état d’une embarcation artisanale en panne et à bord de laquelle se trouvaient des émigrants, selon les gardes-côtes.
Au moins 395 émigrants clandestins ont été secourus en 2007 au large de Annaba, selon un décompte des gardes-côtes algériens. Plus de 1.500 candidats à l’émigration clandestine avaient été arrêtés en 2007 en Algérie, contre 1.016 en 2006, selon les forces navales algériennes.
74 clandestins secourus à Lampedusa
Source : AFP 8/06/2008
Soixante-douze hommes et deux femmes ont été secourus au large de l’île italienne de Lampedusa par un navire de la marine militaire dans la nuit, a annoncé un responsable des gardes-côtes.
Les immigrants clandestins, qui voyageaient sur un canot pneumatique, ont été recueillis par un navire de la marine militaire vers 01H30, avant d’être récupérés par les gardes côtes puis ramenés à Lampedusa.
Tous sont en “bonne santé”, selon la même source. Leur nationalité n’est pas encore connue.
Oran : interception de 24 harraga en pleine mer
Les éléments du service des gardes-côtes d’Oran ont intercepté, hier matin, deux groupes composés de harraga qui tentaient de rallier les côtes européennes. Le premier, composé de 13 personnes, a pris la mer sur un canot pneumatique, à partir du cap Ouilis, dans la wilaya de Mostaganem, dans la nuit de vendredi à samedi, et navigué pendant près de six heures avant d’être intercepté à 42 miles nautiques (80 kilomètres), au nord des côtes d’Oran. Le second groupe, composé, lui, de onze personnes, est parti, hier à 8 heures du matin, depuis Aïn Franine, plage située à quelques kilomètres à l’est d’Oran. Son aventure n’aura duré qu’une heure puisque son canot sera arraisonné, à seulement sept miles nautiques (13 kilomètres) aux environs de 9 heures, par une unité du service des gardes-côtes. Selon le même service, les 24 candidats à l’émigration (Oranais et Mostaganémois pour la plupart) dont l’âge varie entre 20 et 40 ans, sont en bonne santé.
La semaine dernière, 38 harraga, âgés de 20 à 30 ans, avaient été interceptés par les patrouilleurs des gardes-côtes au large des côtes ouest : 15 personnes à 40 miles nautiques au nord du cap Ouilis, onze qui étaient en détresse à 30 miles au large des îles Habibas et 12 au nord du cap Carbon. En avril dernier, pas moins de onze cadavres avaient été repêchés par les gardes-côtes au large des côtes d’Arzew. Selon ces mêmes gardes-côtes, les dépouilles appartenaient à des candidats à l’émigration, âgés entre 25 et 40 ans.
Selon le bilan établi par le commandement des forces navales algériennes pour l’année 2007,
1 530 harraga ont été arrêtés et 83 cadavres repêchés. Environ 60% des morts n’auraient pas encore été identifiés.
40 clandestins noyés et 100 disparus au large de la Libye
LE CAIRE - Au moins 40 personnes ont péri et près de 100 sont portées disparues après le naufrage d’un bateau transportant des immigrés clandestins de la Libye à l’Italie, a-t-on appris lundi d’une source de sécurité égyptienne.
Ce navire a sombré le 7 juin peu après son départ du port libyen de Zouwaira, proche de la Tunisie, les autorités libyennes n’ayant pu récupérer que 40 corps, selon cette source, citant un rapport de l’ambassadeur d’Egypte à Tripoli.
Les autorités libyennes ont informé l’ambassade égyptienne de ce drame le week-end passé, des ressortissants égyptiens faisant partie des naufragés, a précisé cette source qui a requis l’anonymat.
Les deux seuls survivants sont un Bangladeshi et un Egyptien, ce dernier ayant affirmé qu’environ 150 personnes se trouvaient à bord de l’embarcation, dont une cinquantaine d’Egyptiens originaires de la ville de Zagazig, dans le delta du Nil.
Récupéré par un bateau qui croisait dans les environs du naufrage, l’Egyptien rescapé, Wael Nagui Abdel Mutagali, a fourni des détails à l’ambassade égyptienne qui les a consignés dans ce rapport.
Chaque immigrant, selon lui, avait dû payer 2000 dollars à un passeur égyptien résidant en Libye pour prix de la traversée vers l’Italie.
Les autorités libyennes n’auraient pas été capables d’identifier les morts, mais selon le rescapé égyptien la majorité des immigrants non-égyptiens étaient originaires du Maroc, d’Algérie et du Bangladesh.
L’Italie est confrontée à l’arrivée massive sur sa petite île de Lampedusa et ses côtes siciliennes de clandestins partis pour une grande partie de Libye.
En 2007, selon les chiffres du ministère italien de l’Intérieur, 16.482 immigrés clandestins “probablement en provenance” de Libye ont débarqué sur les côtes italiennes, alors qu’ils étaient 20.927 en 2006.
(©AFP / 16 juin 2008 18h05)
Quarante immigrants clandestins africains sont morts dans un naufrage au large de la Libye
6 clandestins se noient au large de Malte
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15/06/2008 | |
Six immigrants clandestins se sont noyés dimanche au large de l’île de Malte dans le chavirement de la barque qui les transportait entre l’Afrique et l’Italie, ont annoncé dimanche soir dans un communiqué les gardes-côtes maltais.
Vingt-huit survivants de nationalité somalienne qui avaient réussi à s’accrocher à des cages d’élevage de thons ont été sauvés par un chalutier italien puis transférés à bord d’une vedette de la marine maltaise pour être débarqués à La Valette, ont précisé les gardes-côtes.
Le corps d`un immigrant clandestin repêché au large de Malte
LA VALETTE, 10 juin 2008 - Un navire des gardes-côtes italiens a repêché mardi le corps sans vie d`un immigrant clandestin au large des côtes maltaise et porté secours dans la même zone aux passagers d`une embarcation en perdition, a annoncé mardi l`armée maltaise.
“Il n`a pas été encore établi si la personne décédée faisait partie du groupe” des clandestins secourus, selon le communiqué des forces armées.
Le navire italien, qui se trouvait sur cette zone à environ 100 km au sud de Malte dans le cadre de patrouilles conjointes en Méditerranée durant la campagne de pêche au thon, était attendu à Malte dans la journée de mardi pour y débarquer les clandestins.
Samedi deux bateaux chargés d`immigrants clandestins avaient fait naufrage sans faire de victimes dans la même zone, et ses 56 passagers ont été pris en charge par la marine maltaise.
Cadavres d’immigrants dans les filets des pêcheurs.
9 juin 2008
Naufrages mortels dans le Canal de Sicile
PALERME - Ils ont hissé à bord cinq corps, l’un après l’autre, tandis que l’équipage du Sirio installait les 27 survivants, dont sept femmes, dans la cale. Bilan qui s’est cependant aggravé en quelques heures. A environ 60 miles de la Libye et 140 des côtes italiennes, le patrouilleur de la marine militaire a aperçu et récupéré d’autres cadavres à la dérive : six, sept, huit… Le compte, dans la soirée, est monté à treize morts. Mais la tragédie pourrait avoir des dimensions plus grandes. Des eaux du Canal de Sicile, qui est devenu le cimetière de la Méditerranée, pourraient émerger encore d’autres corps. Les marins du Sirio en sont convaincus ; pour eux le mauvais temps et la mer démontée auraient provoqué le naufrage de plusieurs barques parties des côtes au sud de Tripoli ces derniers jours. L’hypothèse se fonde sur l’examen des treize cadavres, dont trois étaient en état de décomposition avancée. Il est donc probable que les victimes aient fait partie de plusieurs groupes de migrants à bord de barques naufragées dans des endroits différents du Canal. Un autre corps, dans la même période de patrouille du Sirio, a été retrouvé au milieu des écueils à Linosa, la plus petite des Pélages.
Ces morts s’ajoutent aux autres, récupérés quelques jours auparavant, au large de Malte par un garde-côte italien qui a ensuite consigné les corps aux autorités de La Valette. Massacre sans fin, donc, tandis que se fait de plus en plus âpre le débat sur l’introduction du délit de clandestinité, contre lequel se sont élevés hier les magistrats, et même Lawrence Gonzi, le premier ministre de Malte : où les migrants sont jetés en prison et où des trafiquants sans scrupules traitent avec des esclavagistes de Pékin l’entrée de Chinois qui tentent ensuite de rejoindre d’autres pays d’Europe.
Dans cette énième tragédie de la mer, il faut aussi raconter le geste, qui ouvre une brèche d’espoir, du groupe de pêcheurs du bateau Ariete. L’embarcation, qui avait levé l’ancre de Mazaro del Vallo malgré la mobilisation dans de nombreux ports de pêche d’Italie contre le prix du gasoil, se trouvait à 55 miles de la Libye quand elle est tombée sur la barque chargée de migrants. « Nous les avons aperçus vers les 18 heures (jeudi 6, ndr) - raconte Gaspare Marrronr, commandant le bateau. Ils étaient une trentaine, la petite barque en vitrorésine luttait contre la mer démontée et le vent. Ils se sont dirigés vers nous, quand ils ont été très près une vague terrible les a renversés et ils se sont tous retrouvés à l’eau ». Parmi eux sept femmes. « Ils hurlaient et demandaient désespérément de l’aide – poursuit le capitaine - mais nos manœuvres étaient difficiles à cause de la cage pour l’élevage des thons que nous tirions. Alors j’ai lâché la cage et nous les avons secourus : nous sommes arrivés à en sauver 27, les autres on les a vus se noyer sous nos yeux ».
Les survivants ont parlé de trois disparus, mais l’équipage du Sirio a ensuite récupéré dans la même zone les treize cadavres. Les survivants sont surtout somaliens, et quelques sénégalais. « Après les avoir sauvés nous avons raccroché la cage – ajoute le capitaine de l’Ariete - et nous avons mis le cap vers le navire de la marine, qui nous a rejoints à l’aube, pour faire le transfert. Nous n’avons su qu’après que les corps de ces malheureux avaient été repêchés. ». Le Sirio, avec sa charge de survivants et de morts, a mis le cap sur Porto Empedocle, la pointe de la province d’Agrigente, la plus proche du lieu du naufrage. « La loi de la mer – rappelle le capitaine Marrone - nous impose d’aider ceux qui sont en difficulté, même au risque de notre vie. Nous n’avons fait que notre devoir, maintenant on retourne à notre travail. Nous resterons en mer une vingtaine de jours encore, et puis, enfin, on rentrera chez nous ».
Il y a aussi, par contre, ceux qui pensent à repousser les migrants. « Je demanderai l’intervention de l’armée », avertit Angela Maraventano, adjointe au maire de Lampedusa et sénatrice de la Lega nord. « Ce massacre doit finir, le gouvernement doit le comprendre. A Lampedusa il manque de l’eau, il manque un hôpital, il manque de transports et nous ne pouvons pas accueillir ces gens. Nous avons besoin de travailler avec le tourisme, pas avec les clandestins ». Et : « Ici il n‘y a pas de morgue, même pas une cellule frigorifique ».
Edition de samedi 7 juin 2008 de il manifesto
La marine maltaise secourt des clandestins naufragés en Méditerranée
8 juin 2008
LA VALETTE - Deux bateaux chargés d’immigrants clandestins ont fait naufrage samedi sans faire de victimes au large de Malte, selon la marine maltaise qui a pris en charge les 56 passagers.
L’une des deux barques a heurté un thonier italien, jetant à la mer ses 28 passagers qui ont pu s’agripper à la cage d’élevage de thons remorquée par ce bateau de pêche, selon la même source.
Un patrouilleur de la marine maltaise a pris en charge les naufragés, parmi lesquels une femme enceinte, et a également secouru les 28 passagers d’une autre embarcation en perdition dans la même zone.
Une femme souffrant d’épuisement a été hélitreuillée à bord d’un hélicoptère.
Tous les autres immigrants, d’origine africaine, et parmi lesquels se trouvaient 13 femmes, ont été conduits à La Valette où leur cas devait être examiné par les autorités.
Malte, le plus petit pays membre de l’Union européenne, voit chaque année arriver de nombreux immigrants clandestins sur ses côtes proches des côtes africaines. 400 clandestins sont ainsi arrivés depuis le début de l’année 2008, selon les chiffres officiels.
Avec le printemps, les tentatives de traversée de la Méditerranée par des clandestins se multiplient, au prix de nombreux drames.
Vendredi les marins d’un navire de guerre italien a récupéré treize corps dans le canal de Sicile, à la suite du naufrage d’une embarcation entre la Libye et l’Italie. L’équipage d’un navire de pêche italien avait pu auparavant sauver jeudi 27 personnes, 20 hommes et sept femmes.
Dimanche la police de Porto Empedocle a interpellé deux des rescapés, d’origine somalienne, soupçonnés d’être les organisateurs de la traversée.
Mort de 12 immigrants clandestins dans un naufrage près de Lampedusa
AP | 06.06.2008 |
Douze candidats à l’immigration clandestine ont été retrouvés morts après le chavirage dans les eaux de la Méditerranée de leur embarcation, à bord de laquelle ils tentaient de gagner l’Europe, ont annoncé vendredi les autorités italiennes.
Selon Michele D’Andrea, responsable des autorités portuaires à Palerme, en Sicile, le naufrage a eu lieu jeudi près de Lampedusa, petite île italienne située entre la Sicile et les côtes de l’Afrique du Nord. Il a précisé qu’un bateau de pêche italien et les garde-côtes ont repêché 27 survivants et récupéré les corps vendredi. AP
La Libye a rapatrié 30.490 migrants clandestins en 2007
Afrique en ligne
2 juin 2008
Immigration - La Libye a arrêté et rapatrié, en 2007, sur son propre compte, quelque 30.490 candidats à la migration clandestine, a annoncé, lundi, le chef du Bureau des études et de la documentation à la direction des Relations extérieures au comité populaire libyen de la Sûreté publique, le colonel Abdelmoumen Ayad.
Selon la même source, le bureau de l’Organisation internationale pour la migration (OIM) de Tripoli a par ailleurs aidé, entre 2007 et 2008, au retour volontaire de plus de 2.050 autres clandestins, à travers l’octroi d’aides financières.
Dans un entretien accordé à la PANA en marge d’un atelier de formation sur “La migration de retour” organisé dans le cadre d’un programme de renforcement et de soutien au dialogue et à la gestion des migrations irrégulières et de transit au Maghreb en provenance de l’Afrique de l’Ouest dont les travaux ont démarré lundi à Janzour, dans la banlieue ouest de Tripoli, M. Ayad a indiqué que cette rencontre intervient en vertu de la coopération existant entre la Libye et l’OIM à travers son bureau régional dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine.
Il a ajouté que cet atelier s’inscrit également dans le cadre du programme “Tream” géré par l’OIM en collaboration avec l’Union européenne et l’Italie relatif au retour volontaire des immigrés clandestins vers leurs pays d’origine et qu’il entre dans le domaine de la coopération entre le comité populaire libyen de la Sûreté publique et l’OIM en matière d’organisation de rencontres et fora traitant des questions de migration.
Abordant l’impact de l’immigration clandestine en Libye, le colonel Abdelmoumen Ayad a affirmé que son pays est affecté par ce phénomène étant donné que plus de 20% des habitants de la Libye sont des immigrés clandestins, ce qui conduit à des conséquences sécuritaires, sociales, sanitaires, culturelles et environnementales.
Il a expliqué que les autorités du pays coordonnent leurs actions avec les missions diplomatiques accréditées à Tripoli en vue d’identifier ces immigrés clandestins et de leur émettre des documents de voyages pour les rapatrier vers leurs pays d’origine.
L’officier supérieur libyen a souligné que les efforts de son pays dans la lutte contre le phénomène sont menés avec l’Union européenne (UE) notamment par la signature, le 23 juillet 2007, d’un mémorandum d’entente relatif à l’installation d’un système de surveillance des frontières maritimes et terrestres. Il a toutefois déploré la non-entrée en vigueur de ce mécanisme.
A ce propos, il a rappelé la position du secrétaire libyen aux Affaires européennes, Abdelati Labidi, lors de la 15ème conférence des ministres de l’Intérieur des pays de l’ouest méditerranéen tenu récemment en Mauritanie appelant les pays européens à respecter leurs engagements.
Il a également cité la Déclaration de Tripoli de 2006 issue de la Conférence Afrique-Europe sur l’Immigration et le développement dont les recommandations ne sont toujours pas exécutées, avant de plaider pour la création d’un fonds auquel contribueront les pays africains et européens et la mise en place de projets de développement dans les pays d’origine pour réduire les flux migratoires.
M. Ayad a rappelé aussi que le colonel Mouammar Kadhafi avait appelé, lors du 2ème sommet Afrique-Europe de Lisbonne en décembre 2007, à la nécessité d’aider les pays de transit comme la Libye, l’Algérie et l’Egypte à travers l’octroi à chacun d’entre eux d’un milliard d’euros.
Plus de 30 participants venus de pays du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest et d’Europe ainsi que des experts de l’Organisation internationale pour la migration (OIM) participent à l’atelier de Tripoli, organisé par l’OIM en collaboration avec le comité populaire libyen de la Sûreté publique.
Italie: débarquement de 376 immigrants clandestins à Lampedusa
17 mai 2008
Un groupe de 376 immigrants clandestins est arrivé dans la petite île sicilienne de Lampedusa, ont annoncé les gardes-côtes italiens. Parmi eux figuraient 26 femmes et 4 enfants.
Les clandestins ont été accueillis dans le centre de premier accueil de l’île. Jeudi un premier groupe de 70 clandestins, parmi lesquels 11 femmes et 3 enfants, avait dû être secouru par une vedette de la marine italienne à 35 milles (50 Km) au sud de l’île.
Selon le ministère italien de l’Intérieur, 16′482 immigrés clandestins “probablement en provenance” de Libye ont débarqué sur les côtes italiennes en 2007, soit un chiffre en baisse par rapport à 2006 où 20′927 personnes avaient été recensées.
De nouvelles mesures de lutte contre l’immigration clandestine doivent être adoptées mercredi prochain en conseil des ministres par le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi.
Cinq harraga interceptés au port de Ghazaouet
11 Mai 2008
Cinq candidats à l’immigration clandestine ont été interceptés, hier, par la police des frontières, a-t-on appris de source sécuritaire. Des jeunes, âgés entre 20 et 30 ans dont trois originaires de Ghazaouet et deux de Maghnia, ont été débusqués par les services de la Brigade de police des frontières maritimes (Bpfm) à l’intérieur d’un conteneur frigorifique à bord d’un cargo espagnol, en partance pour Almeria, ville côtière espagnole. Des conditions extrêmes qui ne semblent pas effrayer ces jeunes de plus en plus nombreux à tenter leur chance, et qui induit une nette augmentation de ce phénomène devenu récurrent. De récents rapports statistiques indiquent que le nombre de candidats à l’immigration clandestine en Algérie est de 4000 à 5000 par an. L’Ouest et le Centre étant les régions les plus touchées.
Grèce: plus de 200 clandestins interpellés
Plus de 200 immigrants clandestins ont été interpellés au cours du week-end, pour la plupart au large des îles de Lesbos et Samos et de Kos en mer Egée, a annoncé le ministère grec de la Marine marchande. Les garde-côtes de Samos, dans l’est de la mer Egée, ont arrêté 66 migrants dont huit mineurs, découverts à bord de trois canots gonflables.
Deux autres groupes, de 31 et 20 migrants, ont été découvert ce matin à bord de deux canots, au large de l’île de Kos et de l’îlot d’Agathonissi, dans le sud-est de la mer Egée. Ils ont indiqué être partis des côtes turques. Hier, au large d’Agathonissi et de l’îlot proche Farmakonissi, les patrouilleurs ont découvert à bord de deux canots 60 migrants et un de leurs passeurs présumés. Vendredi soir, le ministère avait annoncé que 55 migrants, dont cinq mineurs, avaient été arrêtés au large de l’île de Lesbos, dans le nord de la mer Egée. Par ailleurs, la police a arrêté aujourd’hui 23 migrants albanais sans papiers dans la région de Kastoria, près de la frontière gréco-albanaise.
Les autorités n’ont pas fourni de précisions sur la nationalité des migrants qui seront jugés pour la plupart en flagrant délit et seront transférés dans des centres de détention.
L’afflux de migrants en Grèce, pour la plupart venus d’Asie ou d’Afrique via la Turquie et à destination de l’Europe occidentale, est très fréquent. Le week-end précédent, près de 250 migrants avaient été interpellés.
Source : AFP
L’armée marocaine noie une trentaine d’immigrants
Elle a fait couler leur embarcation à El Hoceima
El Watan
Effroyable, le mot est faible pour nommer cet acte d’une rare cruauté commis par l’équipage d’un navire de la marine marocaine le 28 avril dernier qui a fait noyer une trentaine d’immigrants subsahariens dont 4 enfants au large d’El Hoceima au nord-est du Maroc.
Cette information rapportée par le quotidien espagnol El Pais et confirmée par une ONG marocaine met à nu une réaction d’une rare violence de la part de soldats marocains qui ont délibérément fait couler un canot pneumatique à bord duquel 70 immigrants tentaient de faire la traversée vers l’Espagne. Se basant sur des témoignages de rescapés maliens et nigérians, le journaliste d’El Pais rapporte que l’embarcation de fortune a été crevée à coups de couteau par les soldats du royaume alaouite. « Deux heures après le début de la traversée, un navire de la marine marocaine s’est approché et a mis à l’eau une embarcation rapide qui s’est mise contre le canot des clandestins. Un des soldats a enfoncé légèrement un couteau dans le caoutchouc et nous a dit maintenant allez vers l’Espagne si vous voulez », confie à El Pais Campos, un des survivants de cette attaque dénuée d’humanisme et défiant toute légalité. « Nous avons essayé de mettre une rustine et nous avancions difficilement, mais je crois que nous y serions arrivés s’ils n’étaient pas revenus », rétorque Erik, un pêcheur nigérian de 31 ans, dont la femme et la fille de 3 ans ont péri noyées. Revenant à la charge, les soldats marocains avaient décidé d’aller jusqu’au bout de leur forfait. « Un soldat a commencé à nous menacer avec un couteau attaché à un bâton. Nous leur demandions qu’ils nous ramènent avec eux vers le Maroc parce qu’avec le canot dans cet état, il nous était presque impossible de continuer. Nous les supplions qu’ils regardent nos enfants et nos bébés », témoigne encore Campos. Les yeux éplorés et innocents des enfants n’ont eu aucun effet sur le gradé marocain qui « a pris le couteau des mains du soldat et a donné quatre coups en différents endroits du canot, qui a coulé en quelques secondes. Tout le monde s’est mis à crier et à pleurer », rapporte El Pais. Une autre vedette marocaine est venue après secourir les naufragés, alors que rapportent des témoins, « les soldats se disputaient sur la première vedette ». Le Maroc a voulu étouffer cette tragédie en transportant les survivants près des frontières algériennes. « Les survivants ont été transportés rapidement par les militaires marocains à Oujda, près de la frontière algérienne, dans l’intention de les obliger à rentrer en Algérie, comme ils l’ont déjà fait avec des milliers d’immigrants subsahariens », précise El Pais.
Des soldats marocains accusés d’avoir noyé 30 immigrants
07.05.08
Des soldats marocains sont accusés par des clandestins africains d’avoir délibérément fait couler fin avril leur embarcation alors qu’ils tentaient la traversée du Maroc vers l’Espagne, provoquant la noyade d’une trentaine de passagers, rapporte mercredi El Pais.
Pour le quotidien espagnol, qui s’appuie sur le témoignage “d’au moins cinq survivants”, entre 29 et 33 immigrants, dont quatre enfants, sont morts noyés le 28 avril au large d’Al Hoceïma (nord-est du Maroc), leur embarcation pneumatique ayant été crevée à coups de couteau par des soldats.
Une source sécuritaire marocaine avait évoqué lundi la mort par noyade de seulement “dix migrants subsahariens” mais une ONG marocaine, se basant sur des témoignages, avait fait état de “36 migrants subsahariens morts noyés”.
Selon un envoyé spécial d’El Pais, les survivants ont été transportés près de la frontière avec l’Algérie et le Maroc essaye “d’étouffer” cette “tragédie”.
D’après le journal espagnol, environ 70 candidats à l’émigration avaient embarqué sur un grand canot pneumatique, le 28 avril vers trois heures du matin, près d’Al Hoceïma pour gagner l’Espagne.
Deux heures après le début de la traversée, un navire de la marine marocaine s’est approché et a mis à l’eau un embarcation rapide qui est venue contre le canot des “sans-papiers”.
“Un des soldats a enfoncé légèrement un couteau dans le caoutchouc et nous a dit +maintenant allez vers l’Espagne si vous voulez+”, rapporte à El Pais, Campos, un des clandestins à bord, aujourd’hui réfugié près d’Oujda (est).
“Nous avons essayé de mettre une rustine et nous avancions difficilement mais je crois que nous y serions arrivés s’ils n’étaient pas revenus” raconte un autre témoin, Erick O. pêcheur nigérian de 31 ans ayant perdu sa femme et sa fille de trois ans dans le naufrage.
Peu après, la vedette des soldats marocains est revenue à la charge et un soldat a commencé à menacer les passagers avec un couteau attaché à un bâton, selon ces survivants.
“Nous leur demandions qu’ils nous ramènent avec eux vers le Maroc parce qu’avec le canot dans cet état il était presque impossible de continuer. Nous les supplions qu’ils regardent nos enfants et nos bébés”, raconte Campos.
Un gradé marocain a alors pris le couteau des mains du soldats et a donné “quatre coups en différents endroits du canot” qui a coulé en quelques secondes, selon Erick.
Une autre vedette marocaine est venue porter secours aux clandestins alors que sur la première, les soldats se disputaient.
Tunisie : tragédie d’Aouled al Mabrouk Chebba, gouvernorat de Mahdia
23 jeunes sont toujours portés “disparus”… parmi eux :
Hamza Ben Hammadi (naufragé), 21 ans, Aouled al Mabrouk
Mohamed Dalhoum (naufragé), 24 ans, al-M’hamdia
Mohamed Jebeniani, 22 ans, al-M’hamdia
Rachid Jebeniani, 22 ans, al-M’hamdia
Abdelmounîm Douiri, 27 ans
Maalek Zarga, 21 ans, al-M’hamdia
Mourad Jlassi, al-M’hamdia
Le village d’Aouled al-Mabrouk, comme celui, avant lui, d’al-Hkaïma et encore d’autres régions de la Tunisie d’«en bas », vit sous le signe du deuil depuis jeudi 24 avril quand la mer a rejeté 3 cadavres : les 23 autres candidats à l’émigration sont portés « disparus ».
Ce n’est pas une première ! C’est le énième acte d’une tragédie toujours recommencée.
Il suffit d’arpenter les ruelles du vieux quartier de al-M’hamdia (banlieue proche de Tunis) pour mesurer l’ampleur de la pauvreté, du dénuement et du chômage qui sévissent en raison des choix économiques du gouvernement tunisien.
Depuis le mois de janvier 2008, les jeunes et la population de Redeyef manifestent pour leur droit au travail ; les jeunes des régions de al-M’hamdia, al-Kabbaria, Djebel Jloud, Sidi Frej, Gafsa, Chebba, Malloulech (12 jeunes sont originaires du vieux quartier d’al-M’hamdia) partis, quant à eux, à la recherche d’un travail, d’une vie digne sur la rive nord, ont pris les barques de la mort.
En effet, le mardi 22 avril 2008 au soir, la barque des 26 jeunes a quitté Aouled al-Mabrouk Cette nuit-là, la famille de Mohamed Dalhoum (l’un des trois morts ramenés par les eaux) a reçu le dernier appel téléphonique de son fils. La famille de Ayman Ben Taïeb Hassine (qui n’a que 17 ans) attend, tout comme les autres familles, d’avoir une information sûre et définitive.
Ces jeunes savaient a priori que prendre la mer sur des barques de fortune (Harraga) est une opération hautement risquée et extrêmement dangereuse. Leur désespoir et l’absence de toute autre alternative les ont déterminés à côtoyer le danger. Fuir une situation faite de marginalisation, d’exclusion, de sentiment d’injustice, de privation, de perdition, d’absence de tout exercice de la démocratie et d’une répartition égalitaire des richesses entre les fils et les filles de la Tunisie était devenu leur seul et unique horizon.
Nous tenons à présenter nos sincères condoléances aux familles des naufragés et à les assurer de notre entière et pleine solidarité. Leur deuil est le nôtre.
● Nous appelons les partis politiques, les associations et les collectifs en Tunisie, en Italie et dans les tous les pays touchés par ces drames de faire pression sur les autorités tunisiennes et italiennes pour qu’elles continuent les recherches sur le sort des 23 jeunes portés « disparus »
● Nous nous joignons à l’appel lancé par la Fédérations des Tunisiens Citoyens des deux Rives pour faire de la journée du 10 mai une journée de deuil national pour les jeunes de la Tunisie et de tous les pays frappés par le drame des barques de la mort
● Faisons de la journée du 10 mai, une journée de solidarité pour la dignité !
Tunis, le 26 avril 2008
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) ; 3 rue de Nantes Paris 75019
Sur l’axe Tamanrasset-el Goléa-Ghardaïa : 146 immigrants clandestins arrêtés durant le 1er trimestre 2008
Liberté-Algérie
BOUHAMAM Arezki
Dans le cadre de la lutte contre le crime organisé sur le territoire de la wilaya de Ghardaïa, les services de la Gendarmerie nationale ont arrêté, durant le 1er trimestre de l’année en cours, pas moins de 146 immigrés clandestins et saisi quelque 17 321 cartouches de cigarettes de marque étrangère.
Sur le registre judiciaire, les même services ont révélé l’enrôlement de 117 affaires se rapportant, pour la plupart d’entre elles, à l’immigration clandestine, d’où l’arrestation de pas moins de 145 immigrants clandestins de différentes nationalités africaines.
L’intensification de l’activité des services de sécurité sur le vaste territoire de cette wilaya du Sud s’est soldée par la saisie d’une quantité importante de moyens de transport utilisés par le réseau de contrebandiers lors de leurs différents mouvements pour le chargement, l’acheminement et le déchargement de marchandises prohibées. Un réseau, croit-on savoir, dont les tentacules ont franchi les frontières donnant sur les pays voisins du sud du pays.
Il faut dire que l’axe Tamanrasset-El Goléa-Ghardaïa est considéré comme la plaque tournante de l’immigration clandestine et l’évasion de marchandises prohibées.
Pour rappel, durant l’année 2007, rien que sur les territoires de Ghardaïa et d’El Goléa, pas moins de 80 000 cartouches de cigarettes de marque étrangère ont été saisies. Ceci en sus de quelque 400 immigrants clandestins, dont des Asiatiques, ont été arrêtés. Il est à noter que par sa position géographique, la vallée du M’zab est devenue, ces dernières années, la plaque tournante des contrebandiers. L’axe de la RN1, reliant Tamanrasset à Ghardaïa, est réputé par le nombre effarant de passages de marchandises prohibées et autres crimes organisés.
Des marchandises provenant généralement des frontières en passant par In-Salah, El-Goléa, particulièrement de la localité d’El-Mansourah. Un état de fait révélateur de l’existence d’un réseau d’immigration clandestine intense dans les régions du sud du pays, qui n’est pas sans impact négatif sur l’économie nationale et la santé publique
Grèce : 250 immigrants clandestins interpellés
RFI
04/05/2008
Le flux d’immigrants sans papiers est en augmentation en Grèce. 250 ont été interpellés entre samedi et dimanche, au large de trois îles de la mer Egée et dans le Péloponnèse, dont beaucoup de mineurs. Plusieurs passeurs présumés ont été arrêtés. Athènes demande l’aide européenne pour verrouiller ses frontières maritimes extrêmement étendues..
Au large de la Grèce et de la Turquie, la mer Egée et les îles de Leros, Samos, et d’Eubée. (Carte : RFI)
Avec notre correspondante en Grèce, Corine Valois
L’île de Leros demande de l’aide. Il n’y a plus de place pour loger les sans-papiers sur cette petite île en face des côtes turques. Les immigrés clandestins sont plus de 300, la plupart des mineurs. Les habitants demandent des vêtements et des chaussures pour les enfants. Et il va falloir trouver rapidement une solution, la saison touristique commence.
Ces derniers jours, les arrivées se multiplient et prennent des proportions incontrôlables. Près de 300 clandestins ont été repérés par les autorités grecques en seulement trois jours dans d’autres îles de la mer Egée, mais aussi au large du Péloponnèse.
Le problème de l’arrivée en Grèce de candidats à l’immigration en Europe est de plus en plus aigu. Selon les statistiques officielles, alors qu’ils étaient 4 000 en 2006, ils ont été plus de 10 000, l’an dernier.
La mer Egée est un lieu important de passage depuis les côtes turques. Et même si, à l’automne dernier, les responsables des garde-côtes grecs et turcs ont décidé de mettre au point un système sécurisé de communication pour lutter contre l’immigration clandestine, les arrivées sur les côtes grecques se multiplient. Car les circuits de passeurs sont bien organisés et les enjeux économiques très importants.
Algérie : durcissement des lois contre les clandestins
RFI
04/05/2008
Les députés votent, ce dimanche, une loi sur le séjour des étrangers. Le projet, qui a été soumis à débat, prévoit notamment l’instauration d’une carte de résidence de 2 à 10 ans et de visas biométriques, la répression des passeurs d’immigrants clandestins, ainsi que la création de centres d’accueil pour l’hébergement provisoire des ressortissants étrangers en situation irrégulière, avant leur renvoi dans leur pays d’origine.
Avec notre correspondant à Alger
Ce projet de loi « relatif aux conditions d’entrée, de séjour et de circulation des étrangers » remplacera une ordonnance de 1966. Il se propose de réviser la législation sur la situation des étrangers en Algérie au regard du « développement de la criminalité transnationale organisée et du phénomène du terrorisme ». Ce sont deux fléaux que le ministère de l’Intérieur, auteur du projet, veut combattre.
Il faut dire que l’Algérie est devenue un pays de transit et d’établissement de ressortissants subsahariens mais aussi asiatiques, syriens et marocains. On estime à environ 40 000 le nombre d’immigrants clandestins refoulés depuis 2002. Alger veut réguler et maîtriser ce flux migratoire constant.
Pour cela, le projet de loi prévoit notamment une carte de résidence de 2 à 10 ans, l’institution de visas biométriques mais aussi la création de centres d’hébergement pour les étrangers en situation irrégulière, avant leur refoulement vers leurs pays d’origine. Sur ce point, lors du débat, plusieurs députés ont mis en garde contre les risques d’une dérive xénophobe.
Avec ce texte de loi, l’Office national de lutte contre l’immigration clandestine aura un instrument juridique pour agir, essentiellement, dans les régions frontalières avec le Maroc et à l’extrême sud du Sahara.
Kadhafi, le sacré vigile de l’Europe
mercredi 23 avril
L’opinion publique allemande grogne dès qu’une entreprise locale fait du business sécuritaire avec la Libye du colonel Kadhafi, toujours jugé infréquentable. Pourtant, l’Allemagne et ses pairs européens collaborent allègrement avec les Libyens dès qu’il s’agit de lutter contre l’immigration clandestine. Explications.
Un nouveau scandale défraie la chronique en Allemagne. Cette fois, c’est une société privée allemande qui s’est fait prendre la main dans le sac en train de s’engraisser sur le dos de la Libye. La BDB, c’est son nom, était basée au fin fond de la Frise orientale, une région perdue du nord de l’Allemagne. Du coup, pour attirer le client, ses dirigeants n’hésitaient pas à clamer « être le partenaire le plus compétent en matière de sûreté ». Rien que cela ! Et payait grassement les ex-barbouzes qui y travaillaient : jusqu’à 7 000 euros les trois semaines pour perfectionner les hommes du colonel Kadhafi dans l’art du combat.
Ce juteux business avec Tripoli a été rendu public par deux anciens policiers qui se jalousaient et ont fini par vendre la mèche. La BDB, depuis en liquidation judiciaire, aurait encaissé 1,6 millions d’euros rien qu’avec les Libyens, et une trentaine d’anciens policiers sont mêlés à cette affaire qui choque l’opinion publique allemande qui n’apprécie guère le colonel Kadhafi. « La Libye, tonnent les parlementaires allemands alarmés, est un État voyou. Vendre des armes à cet État serait vilain et immoral. » Jolies déclarations ô combien naïves ou hypocrites. Déjà, l’hebdomadaire Der Spiegel parle d’un accord de coopération global entre l’Allemagne et le régime du colonel Kadhafi consistant à lui livrer armes et savoir-faire technologique…
Des sacs à cadavres pour les clandestins…
Mais cela n’est que la partie visible de l’iceberg. En effet, l’Allemagne ne dépareille en rien de ses pairs européens, qui s’entendent comme larrons en foire avec les Libyens dès qu’il s’agit d’empêcher les migrants africains de prendre d’assaut la forteresse Europe.
Ainsi, des fonctionnaires de tous les pays européens travaillent main dans la main avec le régime libyen, pour refouler ces indésirables qui transitent notamment par le vaste territoire de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. Chaque année, des milliers d’entre eux, qui ont survécu à la traversée du désert de Libye, embarquent sur des radeaux de fortune. Direction, Malte ou la Sicile. Le flot de Subsahariens ne faiblissant pas, l’immigration clandestine est devenue la bête noire de l’Europe qui a trouvé en la Libye de Kadhafi un garde-chiourme hors pair qu’il convient d’équiper comme il se doit.
Dans un rapport interne à Frontex [1], l’agence officielle qui coordonne la gestion et la surveillance des frontières européennes, datant de 2004 et que Bakchich s’est procuré, on trouve une liste détaillée du matériel livré par les Européens aux Libyens pour leur permettre « d’attraper les clandestins en route vers l’Europe ».
Au menu : « 40 jumelles à infrarouge, 6 jeeps, 6 000 matelas et un millier de sacs pour le transport de cadavres. » Il faut dire que des centaines de clandestins périssent chaque mois, notamment noyés, en tentant de rallier l’Europe, au point que certaines ONG comparent la Méditerranée à un cimetière marin…
« Graves manquements aux droits de l’homme »
Tout aussi grave, pour l’ONG allemande Pro Asyl, le renforcement de la collaboration européenne avec le régime du colonel Kadhafi, « conduit à de graves manquements aux droits de l’homme ». Le fait que, selon un second rapport de Frontex daté de 2005, « dans l’exercice financier pour l’année 2005, une allocation spéciale a été prévue pour la construction de deux camps de plus pour les immigrants illégaux, à Kufra et Sebha (sud de la Libye) » ne laisse rien présager de bon.
Bien que Tripoli ait signé la Convention de Genève, les ONG se font du mauvais sang pour les clandestins coincés en Libye. « Plus de 60 000 réfugiés y sont emprisonnés dans de très mauvaises conditions », s’indigne Karl Popp, de l’ONG Pro Asyl. « Les accords entre les différents ministères de l’Intérieur européens nous rendent non seulement dépendants mais aussi complices du régime autoritaire du colonel Kadhafi. »
Et cette coopération Europe-Libye n’est pas prête de faiblir si on en juge par le contenu du dernier rapport de Frontex, remontant à l’année dernière. On y découvre que la Libye réclame carrément du matériel radio, des hélicoptères et des radars en plus. Pour quel usage ? Frontex ne le précise pas, mais l’Europe lâche du lest. Depuis leurs bureaux de Varsovie, en Pologne, les fonctionnaires de Frontex préparent actuellement une nouvelle offensive pour renforcer la frontière sud de l’Europe. Cet été, une flotte européenne devrait croiser en Méditerranée pour refouler les embarcations des clandestins vers les cotes libyennes. L’opération sera menée par des officiers libyens.
Lutte contre l’immigration clandestine : dix personnes étrangères arrêtées à Hassi-R’mel et 45 autres à Maghnia
Liberté-Algérie
23 avril 2008
Les éléments de la Gendarmerie nationale de Hassi-R’mel ont mis la main sur dix immigrants clandestins de nationalités nigérienne et malienne, sur la RN1 reliant Laghouat à Ghardaïa. Six d’entre eux, de nationalité nigérienne, ont été arrêtés à Bellil. Les quatre autres, de nationalité malienne, ont été arrêtés au lieudit Tilghemt relevant de la commune de Hassi R’mel et distant d’environ 90 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Laghouat.
Les mis en cause ont pénétré dans le territoire national à travers les wilayas frontalières du Sud. Ils seraient en possession de visas falsifiés. Leur intention était de rejoindre la frontière algéro-marocaine en passant par les wilayas de l’ouest du pays. Présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Laghouat, ce dernier a ordonné leur mise en détention préventive en attendant le complément d’enquête les concernant et leur jugement pour les chefs d’inculpation d’émigration clandestine et faux et usage de faux, pour ensuite décider de les reconduire dans leur pays d’origine.
Par ailleurs, un groupe, composé de 45 clandestins de nationalité africaine, a été intercepté et arrêté dans la nuit de lundi à mardi lors d’une patrouille nocturne effectuée par les éléments de la brigade territoriale de la Gendarmerie nationale de Maghnia. Le groupe en question, en provenance du Maroc, avouera s’être introduit frauduleusement en territoire algérien afin de fuir la sévère répression actuellement menée par les autorités marocaines qui ne leur laisse aucun répit. Les clandestins en question ont été surpris par les gendarmes alors qu’ils étaient en train d’ériger plusieurs ghettos dans une zone dissimulée et inaccessible située à l’intérieur de l’oued frontalier de Maghnia plus communément connu sous l’appellation de “Oued Jorgii’”. Parmi les clandestins arrêtés dont la plupart sont de nationalité malienne et nigérienne, figure un ressortissant de nationalité guadeloupéenne. Par ailleurs, signalons que neuf d’entre les clandestins arrêtés ont décliné de fausses identités et de fausses nationalités, ceux-ci ont été cependant rapidement confondus par les gendarmes grâce au nouveau système d’identification (Afis) actuellement mis en service.
Ali Moussa/BOUHAMAM Arezki
Face à la démission de l’Europe, l’Algérie supporte seule la misère du Sahel
Liberté algérie
22 Avril 2008
Par :Djilali .B
Le phénomène de l’immigration clandestine ne cesse d’amplifier, malgré les mesures en vigueur pour l’endiguer. Selon une étude de la Gendarmerie nationale, qui reprend les statistiques relatives aux activités de ses unités dans le cadre de la lutte, le phénomène a atteint des proportions alarmantes.
L’étude remonte aux sources de cette hasardeuse aventure, dresse les profils des clandestins, les itinéraires et les modes opératoires des filières.
Le choix de l’Algérie par les candidats est motivé par le facteur géographique. La proximité du pays avec l’Afrique, le Sahel, grand pourvoyeur de clandestins, et l’Europe, avec une bande frontalière particulièrement immense et une porte maritime, font augmenter les chances de traversée. Si les conditions socioéconomiques et les conflits sont les principales raisons qui poussent les jeunes à tenter l’aventure, l’Algérie demeure un des rares pays de la région à traiter convenablement les clandestins arrêtés. Toutefois, note l’étude, l’accélération du phénomène risque d’induire des difficultés pour le pays, surtout qu’il est établi qu’il a des liens avec d’autres formes de criminalité comme le trafic de drogue, de fausse monnaie et de documents ainsi que la contrebande. Cela d’autant qu’il est appelé à persister compte tenu des déséquilibres économiques entre le Nord et le Sud.
Le renforcement du dispositif de la gendarmerie a donné ses fruits tant le nombre d’affaires traitées a baissé de 2%, mais le nombre de personnes arrêtées n’a pas cessé d’augmenter. La trouvaille de la voie maritime, côtes est et ouest, a encouragé les potentiels immigrants clandestins à se concentrer sur l’Algérie. En 2007, dans 1 550 affaires, 6 988 étrangers ont été arrêtés. Soit une hausse de 2% en termes d’affaires, mais 13% de plus en termes de nombre d’étrangers appréhendés, par rapport à 2006. Outre les villes de l’extrême Sud, première étape des clandestins africains, les villes côtières de l’Oranie et de l’Est en sont particulièrement affectées.
Oran, Tlemcen, Aïn Témouchent, Annaba et El-Tarf sont les destinations prisées. Elles offrent l’avantage des courtes distances des côtes espagnoles et italiennes. Même Alger n’a pas échappé, à un moindre degré, à la ruée de ces étrangers en transit.
Et ça continue. Au 1er trimestre de l’année en cours, la GN a traité 547 affaires et interpellé 2 379 étrangers en situation irrégulière. Soit une hausse de 20% par rapport à la même période de l’année précédente (457). Mais le nombre d’interpellés a diminué sensiblement, 2 094, soit 74%. Il a été relevé que des étrangers sont impliqués dans divers trafics. Depuis la mise en place du dispositif espagnol de surveillance suite aux incidents de Mellila, les clandestins ont changé d’itinéraire, passant par le Sénégal pour atteindre les îles Canaries, traversée qui connaît sont lot de morts noyés en raison surtout de la vétusté des embarcations utilisées.
Par ailleurs, la crise économique au Maroc a poussé des fournées de travailleurs à venir clandestinement en Algérie. Ils sont particulièrement dans le bâtiment, maçons, plâtriers et même des travailleurs agricoles. En 2007, 624 Marocains ont été arrêtés. Depuis 1996, les Marocains ont représenté 8% des étrangers irréguliers en Algérie. Des étrangers d’autres nationalités, n’ayant pas pu rejoindre l’Europe, ont opté pour l’installation et le travail (au noir) en Algérie.
Les candidats africains à l’immigration clandestine suivent initialement les mêmes itinéraires avant de se retrouver à Assamakha, ville nigérienne frontalière de l’Algérie. Là, ils sont pris en charge par des passeurs qui les ramènent soit à Aïn Guezzam ou jusqu’à Tamanrasset. Ceux en provenance du Mali sont ramenés à Tinzaouatine, puis Tamanrasset.
Du sud vers le nord
Ensuite, c’est la traversée du pays, du Sud vers le Nord, via In-Salah, Ghardaïa avant d’arriver à Oran et Tlemcen. Des réseaux de passeurs se chargent, là aussi, d’acheminer les clandestins vers le Maroc rejoindre l’Espagne via les deux enclaves, Mellila et Ceuta. Pour les partants à destination d’Italie, ils atterrissent à Djanet et sont acheminés en Libye pour tenter de rejoindre le pays de la Botte.
Toutefois, si le phénomène se limitait au transit concernant l’Algérie, les risques seraient minimes. Nombre de clandestins dissuadés par les dispositifs européens durcis sont tentés de s’installer en Algérie. Chose qui, à terme, comporte des risques. En effet, le risque de transmission de maladies comme le sida n’est pas à écarter — Tamanrasset comme le montrent les chiffres est la plus touchée par le sida —, la présence massive de clandestins risque également de provoquer un déséquilibre de la population. En plus de la contrebande, des trafics en tous genres, la proximité du Sahel, grand marché de trafic d’armes et de munitions, comporte un sérieux danger sécuritaire. Surtout depuis l’alliance entre les contrebandiers et les groupes terroristes. L’immigration par voie maritime s’est davantage aggravée malgré les risques et tous les accidents ayant entraîné la mort en haute mer. Le renforcement des dispositifs de surveillance des côtes n’a pas dissuadé pour autant les candidats.
L’étude a dressé le profil ainsi que le mode opératoire, avec observation et suggestions pour venir à bout du phénomène. Pour les chiffres, en 2007, la GN a traité 114 affaires et interpellé 2 055 individus dont 1 071 nationaux. Le phénomène — désormais consacré harraga — a connu une hausse de 50% de 2006 à 2007. Au 1er trimestre 2008, 100 personnes ont été interpellées dans 12 affaires traitées. Soit une hausse de 300% en termes d’affaires et 669 % en termes d’arrestations.
Le mode opératoire des harragas est simple. Huit à dix individus, d’une moyenne d’âge de 19 à 40 ans, se regroupent, cotisent pour l’achat d’une embarcation, dont le prix se situe dans une fourchette de 400 000 à 800 000 DA, que leur procure un passeur. Avec option boussole de navigation et GPS pour leur indiquer les points de débarquement. Les GPS saisis par les autorités espagnoles et italiennes sur les harragas indiquent tous Gabo de Gâta (Almeria) et Cap Rosa (Sardaigne).
La première est distante de 94 km de Aïn Témouchent et la seconde de 130 km de Annaba. Les harragas mettent entre 6 et 10h de traversée pour atteindre les côtes espagnoles et 12 à 15h pour rejoindre les côtes italiennes. Une fois les préparatifs terminés, les candidats sont emmenés de nuit dans un endroit choisi préalablement pour l’embarquement. Avec l’expérience dans le traitement de ces affaires ainsi que le travail de renseignement, la GN a découvert l’existence de filières spécialisées dans “ce commerce” de clandestins. Selon des estimations, les “passeurs” prélèvent entre 3 000 et 5 000 euros par personne. Des propriétaires de chalutier, notamment espagnols sont complices du trafic de clandestins qu’ils aident moyennant une commission allant de 100 000 à 180 000 DA.
Le profil du “harrag” n’est pas complètement cerné tant il a changé et évolué. Il peut être un homme, âgé entre 19 et 40 ans, chômeur et sans niveau d’instruction. Désormais, ces paramètres ne sont plus valables même si une majorité de clandestins répond à ce profil. Peut-être une femme. On y trouve des jeunes, âgés entre 16 et 18 ans.
Des universitaires et des fonctionnaires. Ils peuvent venir de toutes les régions du pays. Ils peuvent également être des étrangers.
L’étude recommande, enfin, pour lutter efficacement contre ce phénomène, le renforcement du dispositif juridique par l’introduction de sévères sanctions contre les réseaux de passeurs, le recensement des embarcations et le contrôle de leurs achats et ventes. La sensibilisation, à travers des campagnes comme les journées organisées par la GN, implication des associations afin de sensibiliser les jeunes et l’opinion publique. Cela, en plus du renforcement des dispositifs, notamment la surveillance aérienne de la GN et des gardes-côtes.
La “Suisse libyenne” et le Nigérian
08 avril 2008
Avec ses rues tip-top, Missourata est surnommée “la Suisse libyenne” (on appelle bien Tripoli “la Blanche mariée de la Méditerranée”), mais ce qui la distingue des autres villes, ce sont surtout ses taxes douanières. Les plus avantageuses du pays. Missourata fait ainsi office de duty free. C’est aussi une étape agréable qui contraste avec le tumulte de Tripoli, 200 kilomètres plus à l’ouest.
MISSOURATA Près du souk, une vaste place accueillait jadis le marché aux vêtements. On peut encore lire les numéros des stands sur le sol. En 2008, six jours sur sept, de 16 à 20 heures, s’y invite le “Salon de l’Auto”. A la criée, version open air, trois pour le prix de deux. “Ici, on aime bien changer de voiture, on achète, on revend, on achète”, me dira-t-on.
Dans le souk, les vendeurs sont assis dans la brouette qui a permis de transporter les marchandises. Des tailleurs alignés derrière leur machine sont au sevice de ces dames. Dans une échoppe à chawarma (lamelles de viande cuite à la broche introduite dans un pain plat, l’incontournable fast food libyen), je rencontre Abraham (photo), un Nigérian qui usine des portails en acier pour 500 dinars par mois (500 francs suisses). “Sans papier, c’est pas mal. En plus, quand la police m’arrête, j’appelle mon patron et c’est réglé. Pas de racket, pas de coup, pas de prison…” En Libye depuis deux ans, il n’a été qu’une seule fois invité dans la maison d’un Libyen. “C’était un black“, précise-t-il (les harathin, cultivateurs noirs des oasis du Sahara depuis des siècles, vivent pour la plupart à Tauorga, à 50 kilomètres plus à l’est).
FACE A L’EUROPE Puisque Abraham a congé, on fait route vers la mer. Sur la plage, il parle de l’océan, des côtes nigériannes, des “vraies vagues”… puis d’un ami, dont il est sans nouvelles, probablement mort en tentant sa chance vers l’Europe. Selon lui, 80% des haragas meurent en mer. C’est très probablement faux, mais cela en dit long sur son état d’esprit. S’il continue d’usiner des portails en Libye, c’est pour payer son retour au Nigéria.
Avec ses 1770 kilomètres de côtes, la Libye reste une base de départ très prisée pour l’immigration clandestine vers l’Europe, via les îles de Malte et de Lampedusa, au large de la Sicile. Même si depuis 2004, des bateaux européens patrouillent sur la côte. Même si en janvier dernier, la Libye annonçait l’expulsion de deux millions d’immigrants clandestins... En plus des presssions européennes, les autorités de Tripoli doivent répondre au raz-le-bol des Libyens. Les clandestins sont accusés de répandre l’insécurité (les Libyens m’ont déjà plusieurs fois conseillé de ne pas m’aventurer dans les “quartiers africains”), de vendre de la drogue, de propager des maladies (la phobie du sida est impressionnante) et d’occuper des emplois au détriment des jeunes chômeurs libyens. Le chômage est en effet estimé à 30%, mais comme partout, les clandestins exécutent des tâches que peu de Libyens accepteraient…

400 harraga demandent des laissez-passer pour rentrer en Algérie
El-annabi
Emigrés algériens clandestins en Espagne
mardi 15 avril 2008.
Les harraga algériens qui demandent leur expulsion, c’est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur en Espagne, selon une étude établie récemment par la Fédération des associations des algériens émigrés en Europe.
« Ils sont entre 350 et 400 algériens en situation clandestine à avoir demandé des laissez-passer aux autorités espagnoles, leur permettant de retourner en Algérie », nous a confié hier le SG de la fédération et président de l’association des émigrés algériens en Andalousia, Saïd Benrekia. Ces harraga atterrissent dans la plupart des cas dans les centres d’internement de clandestins et personnes en situation illégale sur le territoire espagnol. Le travail effectué par l’association de Saïd Benrekia fait état de plus de 1 550 harraga algériens entre 2007 et mars 2008, à travers seulement trois camps visités, ceux d’Algesiras, Malaga et Almeria.
Ces demandes de laisser-passer et d’expulsions qui se multiplient de jour en jour sont un indicateurs de la grande déception que rencontrent les harraga algériens à la fin de la grande aventure qu’ils tentent souvent en jouant avec la mort. Or et même en voulant avoir recours à cette formalité pour mettre fin à leur calvaire dans les centres d’internement, les resquilleurs algériens se heurtent souvent à l’hostilité des autorités espagnoles, vu qu’ils ne possèdent pas de papiers prouvant leur identité, explique M. Benrekia.
Il ajoutera que cet absence de papiers d’identité est un sérieux handicap : « Cela nous bloque aussi en tant qu’association qui cherche à venir en aide à nos concitoyens en difficulté », dit-il. Cela dit, notre interlocuteur nous cite l’exemple d’un algérien originaire d’Oran qui a, a-t-il dit, « décidé de tenter sa chance avec les harraga alors qu’il avait une bonne situation en Algérie et qu’une fois arrivé, il n’a pas pu supporter les terribles épreuves qu’il a subies et a décidé de rentrer à Oran.
Mais il n’avait pas pu entrer en contact avec notre association et s’est présenté à deux reprises à la police, qui l’a envoyé balader parce qu’il ne pouvait justifier de pièces d’identité. Aussi et en désespoir de cause,il a commis une infraction en cassant volontairement une cabine téléphonique publique pour se faire arrêter. Nous avons eu vent de son histoire et nous sommes allés l’assister ; il a enfin réussi à retourner au pays » a-t-il conclu.
Un autre problème épineux que rencontrent les harragaalgériens est aussi soulevé par l’association. Il s’agit de ceux qui finissent en prison pour immigration clandestine et les organisateurs de traversée pour les harraga. Ils sont au moins une trentaine d’Algériens a avoir écopé de peines de prison allant de quatre à six ans, et qui ont été dénoncés souvent à tort par les propriétaires des embarcations de fortune qui servent aux traversées périlleuses.
Par ailleurs, il ressort de l’étude de ses deux phénomène que la cause revient principalement aux limites imposées par les autorités espagnoles au sujet de l’octroi des visas. 90% des Algériens harraga recensés dans les camps d’internement ont accusé des refus lors de leurs demandes de visa. Aussi un appel pressant est lancé dans ce sens par la fédération des associations des émigrés algériens en Europe aux autorités espagnoles.
« Nous pensons qu’il est temps que les autorités espagnoles révisent leur politique en matière d’octroi de visas pour les Algériens et augmentent un peu le quota accordé », explique M. Benrekia, en ajoutant que « cela va permettre d’éviter autant de situations dramatiques désastreuses ».
Par Habiba Ghrib — Le Jour d’Algérie
Poignants témoignages de harragas. L’enfer des geôles marocaines
13 Avril 2008, L’Expression
Le ligotage des mains et des pieds, le fer chauffé au chalumeau et le châtiment corporel… Le summum de la sauvagerie humaine. Le jeune Goumid (30 ans) Mourad, natif de Aïn Témouchent, était asthmatique à sa tentative de harga en 2006.

Son état de santé s’est dégradé à son incarcération. Il est décédé dans les geôles marocaines lorsque la Mekhaznia a refusé de lui remettre son médicament, confisqué à son interpellation à Nador. Les habitants de Aïn Témouchent s’en souviendront éternellement.
Plusieurs dizaines de camarades de Goumid ont tenté la harga via le Maroc. Ils ont été, à chaque fois, victimes des exactions graves jusqu’à l’atteinte à leur dignité par la police marocaine. Il s’agit, particulièrement, des premiers immigrants avant que le phénomène ne prenne de l’ampleur.
Ces derniers gardent à jamais les séquelles des violences inouïes subies dans les commissariats de Nador et de Oujda. Des femmes et des hommes n’ont pas échappé à ces dépassements et à ces atteintes à leur dignité, aux traitements inhumains de la Mekhaznia. Aujourd’hui, ils ont décidé de briser le mur du silence. Ils veulent partager leurs pénibles secrets. Ils font part des sévices endurés.
Ils sont pour la plupart originaires de Aïn Témouchent. Moulfi Djamel, Daoud Mohamed, Ben Othmane Saïd, Bekhiche Kamel, Gharbi Soufi, Lagouni Nourredine en ont plein le coeur et vident leur sac. La raison n’arrive plus à contenir les souffrances. Ils dévoilent des vérités inouies sur des scènes abominables de violences qu’ils ont vécues ou auxquelles ils ont assisté.
Arrestations, passage à tabac…et exactions
La police marocaine guette le moindre signe pour actionner la machine répressive. Elle utilise la force et la brutalité. Elle est partout et bafoue toutes les règles des droits d’incarcération. La Mekhaznia a, depuis que l’Algérie décida, en 1994, la fermeture de ses frontières Ouest, adopté la violence comme seul moyen de répondre à l’immigrations clandestine des Algériens. Pour les harragas algériens, qui ont tenté de rallier l’Espagne, les terres marocaines ne sont toujours pas hospitalières.
Ils sont refoulés, mais de quelle manière? Le refoulement n’est prononcé qu’après les pires atrocités. Même le «bakchich» versé aux policiers de Sa Majesté ne sert à rien. Une seule certitude taraude alors les esprits de ces «Chragas» - au Maroc, les Algériens sont appelés Chragas en référence au pays de l’Est: sortir indemnes.
Ce qui n’est jamais garanti d’avance. Et les invectives, les intimidations, le matraquage, le ligotage des mains et des pieds, le fer chauffé au chalumeau, le châtiment corporel…Les policiers alternent dans leur besogne bannissant les droits humains les plus élémentaires. Mohamed Daoudi n’oubliera pas de sitôt son séjour infernal au commissariat de Nador et à la prison d’Oujda. «Un séjour de plusieurs dizaines de jours qui a viré au cauchemar.»
Il en garde la marque d’un fer chaud sur l’épaule. Un traitement réservé exclusivement, aux animaux, par les cow-boys du Far West. Le jeune Daoudi, 28 ans, a tenté l’aventure car sa terre natale, Aïn Témouchent, n’est plus nourricière, pour subvenir aux besoins de sa famille. En 2001, il prend comme destination Nador, ville frontalière de Melilla (Espagne).
Après un court séjour, il devait rallier la terre ibérique, avec un faux passeport marocain, remis par son passeur. Mal lui en prit. Des Marocains ayant remarqué la présence de quatre Algériens dans la chaîne au niveau du poste frontalier ont averti les policiers. Le jeune Daoud et ses trois compagnons furent interpellés et matraqués jusqu’au sang.
Transférés au commissariat de la ville de Nador, ils subirent toutes les humiliations. La gorge nouée, Mohamed Daoud témoigne: «On nous a déshabillés à la première minute qui a suivi notre identification.
Un policier m’a reconnu comme étant récidiviste.» Le feuilleton des sévices ne fait que débuter pour Daoud. «D’autres policiers sont passés à l’acte. Ils nous ont tabassés à l’aide d’un câble électrique. Non satisfaits de leur oeuvre infernale, les mêmes policiers nous emmènent au sous-sol du commissariat, et ce fut le cauchemar.»
Pour étayer ses propos, Daoud dévoile la cicatrice gravée au fer et à jamais sur son épaule. «Au sous-sol, nous avons subi le pire des châtiments corporels, nos bourreaux ont chauffé à l’aide d’un chalumeau, un fer et chacun de nous quatre a été marqué sur une partie du corps.»
Le même harraga a accepté de témoigner sur un cas d’exaction répété, sur trois femmes algériennes dans le commissariat d’Oujda. Bessahraoui Nourredine, âgé de 45 ans, a été arrêté en 2004 à Beni Sar, poste frontalier de Nador avant d’atteindre Melilla.
La brutalité singulière du Mekhaznia
«Parmi nous, il y avait un père et son fils de 14 ans. Le père a pu franchir le poste de Beni Sar et gagné Melilla tandis que son fils a été arrêté», se souvient aujourd’hui Bessahraoui.
Depuis le transfert au commissariat et la garde à vue prononcée contre les personnes interceptées, le jeune enfant n’a plus donné signe de vie, a-t-il ajouté. Selon Bessahraoui, ces scènes d’atteinte à la dignité des jeunes Algériens sont fréquentes. Notre interlocuteur cite le cas d’un couple d’Algériens maltraités. La femme a été tabassée devant son mari.
Un autre harraga, une autre histoire…Nourredine Lagouni a refusé de rejoindre le maquis terroriste en 1992. Sa vie est, depuis, intimement et vainement liée à la harga. Aussi, le nom et les histoires de ce vieux des routes de Tounane, El Bhira, Bab El Assa à Ghazaouet (Tlemcen) peuvent remplir des fascicules. Depuis 1992, il n’a cessé de rallier l’Espagne.
Expulsé, tantôt des terres ibériques, tantôt du Maroc, il garde en tête éternellement son projet: regagner l’Espagne. Son ultime tentative ayant échoué remonte au mois dernier. Il a été refoulé de Nador. Dans plusieurs de ses péripéties, il a été témoin de plusieurs cas de viol.
Des Algériennes ont été interpellées aux frontières. La suite est connue, lâche-t-il timidement. Les harragas algériens connaissent par coeur et les routes qui mènent vers les issues espagnoles et les hommes qui les surveillent. Parmi ces anges-gardiens, l’officier Mustapha Lgharbi.
La bête noire des harragas. Un autre nom hante les esprits de tous les harragas. Il est derrière l’échec d’un nombre important de tentatives de la harga via le Maroc. Juge et bourreau.
Pour Lagouni Nourredine, cet officier marocain est, à la fois, impliqué et associé dans toutes les histoires liées aux malheurs des Algériens et des Algériennes qui ont frôlé la folie. Il flaire la présence de tout immigrant clandestin, notamment celle des Algériens. De nuit comme de jour, aucun détail ne lui échappe.
Des mesures…que des paroles en l’air
Ni les mesures de Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, ni les actions sociales n’ont tempéré l’ardeur, encore moins et le désir des harragas. Une seule idée les obsède; partir ailleurs. A Aïn Témouchent ou El Ghazaouet, le même constat. Des jeunes, moins jeunes, des licenciés, des récidivistes, guettent la moindre occasion pour prendre le large.
A Aïn Témouchent, M.Rezkallah, commandant du groupement de la gendarmerie, nous a annoncé qu’une batterie de mesures est mise en oeuvre. Les 14 plages de la wilaya sont surveillées. A tout mouvement suspect, une alerte est déclenchée et suivie d’une intervention. Aussi, le dispositif du renseignement est en quête permanente d’informations.
Plus loin, les plages de Oued El Halouf, Targa, Aïn Kihel, Rechgoune, Sassel, Bouzedjar, El Mordjane, Sidi Djeloul, sont devenues des lieux d’embarquement à ciel ouvert. A Ghazaouet, des jeunes et adultes ont installé plusieurs camps, notamment au niveau de la forêt de Ouled Abdellah. Ils attendent de longs mois, le temps que l’étau se desserre pour tenter l’aventure. Les candidats connaissent tous les accès, maritimes ou terrestres.
El Bhira, Ouled Dziri, et Trik Tounane à El Ghazaouet (Tlemcen) mènent tout droit à Almeria, le point le plus proche. Les issues de Boujdour, Boukanoun, village Nylou, Bir El Djeref, donnent accès à Saaïdia plage, Ahfir et Oujda (Maroc). Le passage de Bab El Hassa (Maghnia) permet d’atteindre Lala Aïcha au Maroc. Ceci pour les voies terrestres. Le phénomène prend des virages dangereux. Vivre dignement ou mourir en martyr, est le credo des harragas.
Onze corps ont été repêchés ces dernières 24 heures au large des plages d’Oran. Entre les dents de la mer et les griffes de la prison, des récidivistes ont décidé d’abandonner le phénomène. La plupart d’entre eux ont à leur actif plus de trois tentatives de harga. Ils veulent lutter contre l’immigration clandestine.
Les rescapés de la mer et ceux qui ont subi l’humiliation de la Mekhaznia, inscrivent leur action dans la durée. Ils aspirent a être, d’abord, pris en considération à travers des actions en leur faveur. Mais ils aspirent aussi que l’Etat se penche sur les cas de dépassements qu’ils ont vécus au Maroc.
Aït Ouakli OUAHIB
« EL HARGA » : un choix ou une nécessité ? Pour quelles raisons ? Qui en est responsable ?
6 avril 2008.
Rappelez-vous !! Des naufrages, des cadavres sur les bords de la Méditerranée, des arrestations au large de la mer, des scènes alarmantes et traumatisantes retransmises qu’on a tous vus, sur toutes les chaînes de télévision. Sur des embarcations de fortune, ils tentent de gagner l’Europe. Ils nous lancent des messages têtus sur leurs souffrances et leur optimisme qui font virer le rêve au cauchemar, rappelant que l’augmentation des prix du pétrole et une réserve de change de 140 milliards de dollars ne sont que des cadeaux empoisonnés aux Algériens.
Pour quelle raison ? De quelle manière ? Qui en est responsable ? Qui est l’auteur de ces opérations suicidaires ? Est-ce que les « HARRAGA » ont été forcés de fuir leur pays ? Ou c’était leur choix tout simplement ?
En Algérie et pendant longtemps, les gens ont été forcés de fuir leur pays du fait de pauvreté en quête d’une vie meilleure. Mais de nos jours en Algérie « d’el iza w’el karama », les causes actuelles qui encouragent les jeunes à abandonner leur pays ne sont plus les mêmes qu’avant… « EL HOGRA », le chômage, la bureaucratie, l’inégalité des chances, la baisse totale du pouvoir d’achat et la pauvreté, la corruption, l’ignorance, les pistons, l’insécurité, l’exclusion des cadres, le terrorisme administratif, la mauvaise gestion du pouvoir… Et aussi l’imaginaire de l’autre coté de la méditerranée.
Ils sont des Algériens, de toutes catégories sociales et de toutes tranches d’âges, des deux sexes, des universitaires parfois. Ils ne veulent que réussir leur vie, assurer un revenu stable et surtout être traiter humainement. Ils ne sont ni des criminels, ni des escrocs, ils ne veulent que déserter leur patrie en risquant leur vie. Ils paient jusqu’aux 200000 dinars (2000 euros) aux marchands de rêves, le droit de passage vers l’Europe. Muni d’un simple gilet de sauvetage, ils se cotisent parfois pour acheter un ZODIAC avec moteur, des vivres, de l’eau pour prendre la mer. L’aventure se termine souvent mal, comme la plus part des cas, repêchés morts noyés par les garde-côtes. Il arrive souvent que ces traversées de la méditerranée finissent d’une manière tragique et dramatique. La traversée du Méditerrané est l’étape la plus importante d’un voyage dangereux à destination de l’Europe. Pour eux, la Méditerranée est un point de passage quasi-obligé.
Ce phénomène d’ « EL-HARGA » a fait son apparition ces dernières années dans les côtes algériennes plus proches de l’Espagne et l’Italie, et tend à prendre une certaine ampleur.
Les migrations des Maghrébins vers l’Europe, qui ne connaissent aucune frontière géographique ou légale, seront peut-être l’un des problèmes centraux de ce siècle. Le phénomène d’ « EL HARGA » est désormais un problème délicat auquel se trouvent confrontées les nations des deux côtés de la Méditerranée.
M. Walid ZOGHBI Sociologue, Journaliste, Doctorant et Chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication
Walid ZOGHBI, Sétif Info
L’Algérie envisage de resserrer les contrôles sur l’entrée et le séjour des étrangers
Magharebia
2008-04-15
Les députés algériens discutent d’un projet de loi qui modifierait une loi vieille de quarante ans sur les conditions d’entrée et de séjour des étrangers. Ses partisans affirment que cette mesure permettra de faciliter l’entrée et la circulation légales des étrangers tout en permettant de mieux lutter contre les trafics en tout genre et le terrorisme, mais des questions se font jour sur les projets de centres de détention que comporte cette nouvelle législation.
Par Mohand Ouali pour Magharebia à Alger – 15/04/08
Un projet de loi gouvernemental visant à imposer de nouvelles conditions à tous les étrangers entrant, séjournant et se déplaçant en Algérie a été déposé sur le bureau de l’assemblée mercredi 9 avril. Le Ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni, qui présentait ce projet de loi lors d’une session de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), a déclaré que cette mesure aidera les responsables de la sécurité à contrôler l’identité des étrangers et à combattre plus efficacement le terrorisme et les activités criminelles.
Le texte régissant la présence des étrangers est en vigueur depuis 41 ans ; les partisans de ce projet de loi affirment que la situation sécuritaire de l’Algérie, ainsi que les évolutions de la législation internationale, l’ont rendu obsolète. “L’Algérie doit faire face aujourd’hui au crime organisé dans le secteur économique, au trafic de drogue et à la contrebande des armes en relation avec le terrorisme”, a déclaré le ministre, expliquant qu’au plan international, en particulier dans l’Union Européenne, la législation avait été adaptée pour renforcer les contrôles d’immigration.
Cette nouvelle loi facilitera l’entrée et les déplacements légaux des étrangers, tout en permettant de lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine, la contrebande et les atteintes à la sécurité. Elle prévoit une aggravation systématique des sanctions pénales contre les réseaux des passeurs, les sociétés transportant des immigrants clandestins et les entreprises employant des étrangers en situation irrégulière.
Les étrangers qui souhaitent s’établir de manière permanente en Algérie recevront un permis de résidence valable pendant deux ans, tandis que les stagiaires ou les personnes disposant d’un contrat de travail pourront obtenir, en fonction de leur situation, des cartes de résidence de moins de deux ans. La loi envisage toutefois la possibilité de délivrer une carte de séjour d’une durée de validité de dix ans aux ressortissants étrangers qui se sont établis en Algérie d’une façon continue et légale pendant sept ans ou plus.
Outre cela, cette loi rendra obligatoire le visa biométrique dans les représentations diplomatiques, avec des relevés d’empreintes et des photographies des étrangers au niveau des postes frontaliers ou lors de contrôles de police effectués sur le territoire national. La souscription à une assurance voyage et l’acquittement du droit du timbre pour la délivrance de la carte de résident seront également obligatoires.
Mais le projet de loi introduit une nouveauté qui n’a pas manqué de soulever les critiques des députés, à savoir la création de centres d’accueil pour les immigrés clandestins dans l’attente de leur reconduite à la frontière ou leur rapatriement. Certains députés ont demandé que cette disposition soit purement et simplement annulée, dénonçant une mesure qu’ils jugent incompatible avec la liberté, et affirmant qu’elle sacrifie l’humanisme au bénéfice de la sécurité.
Répondant aux critiques des parlementaires, M. Zerhouni a déclaré : “Cela ne veut pas dire que l’Algérie va renoncer à ses positions de solidarité avec les peuples, ses principes sur les Droits de l’Homme, et qu’elle veut s’enfermer sur elle-même.”
Un chercheur qui a mené plusieurs travaux sur le sujet des migrations estime que les préoccupations des députés sont valables. Saïb Musette explique en effet que “le point le plus contestable” de ce projet de loi est “la création de centres d’accueil et la possibilité donnée aux walis de procéder à des expulsions, ce qui n’est pas conforme aux conventions ratifiées par l’Algérie en matière de protection des droits des migrants.”
“J’aurais souhaité avoir le texte sous les yeux pour le comparer avec les dispositions marocaines ou tunisiennes”, ajoute M. Musette.
Malgré la couverture réservée par la presse dans ses éditions aux débats à l’Assemblée Populaire Nationale, il n’y a eu que peu de réactions populaires en Algérie.
Salaheddine Badaoui, gérant d’une entreprise, a déclaré n’être absolument pas au courant de ce projet. “Je vais tout de suite m’informer”, a-t-il affirmé à Magharebia.

Un sous-marin de l’OTAN repère des clandestins
Publié le 13 avril 2008
28 immigrants ont été récupérés à 50 nautiques au sud-est de Malte dimanche par un patrouilleur maltais.
Le patrouilleur avait été envoyé samedi pour récupérer les immigrants, luttant contre des conditions de mer et de vent difficiles, après que le commandement de l’OTAN à Naples ait informé Malte qu’un sous-marin de l’OTAN avait découvert un bateau plein d’immigrants illégaux, ayant tous revêtus des gilets de sauvetage, à la dérive et ayant besoin d’assistance.
Immigration clandestine : 13 cadavres repêchés au large d’Arzew, ouest algérien
Algeria News - Algérie Actualités
8 avril 2008
Enregistré dans : Politique — hwawi @
Le bilan des “harraga” algériens (candidats à l’immigration clandestine) qui ont péri au large d’Arzew, dans la région d’Oran (430 km à l’ouest d’Alger), s’est encore alourdi. Les gardes-côtes ont repêché jusqu’ici 13 cadavres, a rapporté mercredi matin la radio algérienne.
Le précédent bilan faisait état de onze corps sans vie repêchés au même endroit. Ils ont été répérés flottant sur l’eau et repêchés par les gardes-côtes. Certains corps ont été identifiés grâce aux téléphones mobiles. L’âge des victimes de cette tragique tentative d’immigration clandestine varie entre 20 et 25 ans. Ce groupe de « harraga », originaires de Tiaret pour la majorité d’entre eux, était composé de 16 jeunes ayant pris la mer dans la nuit du 4 et 5 avril à bord, semble-t-il, de deux embarcations de fortune. Les recherches se poursuivaient encore












